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En Indonésie, une femme est flagellée en public pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage

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En janvier, une jeune femme de 18 ans avait déjà été flagellée pour avoir embrassé son petit-ami en public. | © CHAIDEER MAHYUDDIN / AFP

Société

Dans la province d’Aceh, où la loi islamique est strictement appliquée, une Indonésienne a été flagellée en public pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage. Pour le plus grand plaisir des observateurs, majoritairement des hommes, qui n’ont pas manqué de capturer la scène avec leur téléphone.

 

La scène est révoltante. Agenouillée sur une estrade, pour que personne ne manque le spectacle, une femme tout de blanc vêtue reçoit des coups de canne souple en rotin de la part d’un homme masqué. Devant elle se trouvent des centaines de spectateurs. À voir les images qui circulent sur les réseaux sociaux, le public ne semble composé que d’hommes, brandissant leur téléphone pour garder un souvenir impérissable de cette punition archaïque. Son crime ? Avoir eu des relations sexuelles hors mariage avec un homme, qui aurait reçu le même châtiment, selon The Independent. Cet acte est interdit par la loi musulmane qui prévaut dans cette province conservatrice d’Aceh, la seule en Indonésie à appliquer la charia, selon l’AFP.

En janvier dernier, deux jeunes gens âgés chacun de 18 ans avaient eux aussi été flagellés pour s’être embrassés en public. La jeune fille, une étudiante à l’université, et le jeune homme avaient reçu chacun 17 coups de canne. « Les gens extérieurs à Aceh qui trouve la charia cruelle peuvent constater qu’en réalité elle est très tolérante et humaine », avait à l’époque affirmé aux journalistes l’adjoint au maire de Banda Aceh, Zainal Arifin. Selon le Daily Mail, la région avait interdit l’an dernier le wifi dans un village après que des enfants ont été surpris en train de regarder des vidéos porno au lieu de suivre leur cours d’étude du Coran. Elle avait également fait les gros titres en empêchant les femmes et les hommes de manger ensemble en public s’ils ne sont pas mariés ou apparentés.

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Dans cette province indonésienne, située à la pointe de l’île de Sumatra, toute une série de comportements sont considérés comme criminels aux termes de la charia, allant des jeux d’argent à la consommation d’alcool en passant par les relations homosexuelles. Les personnes prises en flagrant délit peuvent recevoir jusqu’à 200 coups de canne. Assez courante à Aceh, la flagellation publique n’est pas la seule punition : des amendes et l’emprisonnement sont également au programme. La lapidation n’est pas prévue, bien qu’une tentative de l’introduire ait été enregistrée en 2009, avant de recevoir un veto des autorités.

Le président indonésien a appelé à mettre un terme à la flagellation

Aceh a commencé à mettre en œuvre la charia après avoir obtenu un statut d’autonomie en 2001 auprès du gouvernement central de Jakarta, afin de mettre fin à plusieurs décennies de rébellion séparatiste. Des groupes de défense des droits de l’homme dénoncent la cruauté de la flagellation publique et le président indonésien Joko Widodo a appelé à y mettre fin. Mais cette pratique bénéficie d’un large soutien au sein de la population acehnaise. Sur les cinq millions d’habitants de la province, environ 98% sont des musulmans pratiquants. Aceh a déclaré cette année que la flagellation serait à l’avenir effectuée au sein de l’enceinte des prisons, mais certains gouvernements locaux continuent à la pratiquer en public.

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