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Faut-il dépénaliser les champignons hallucinogènes ?

champignons hallucinogènes

Denver pourrait bien devenir la première ville américaine à décriminaliser les champignons hallucinogènes. | © Unsplash / Erik-Jan Leusink

Société

La ville américaine de Denver s’apprête à voter sur la dépénalisation des champignons hallucinogènes.

 

Le 7 mai prochain, Denver pourrait bien devenir la première ville américaine à décriminaliser les champignons hallucinogènes. Sauf si le vote en décide autrement, la possession (et la consommation) de psilocybine, principe actif de certains champignons hallucinogènes, ne sera plus considérée comme illicite au sein de la capitale du Colorado.

Soumis au vote lors des prochaines élections municipales, la proposition avait déjà été annoncée en janvier dernier, suite à une campagne ayant réuni plus de 4 000 signatures en faveur de la légalisation des magic mushrooms. La culture et la possession de ces psychotropes, inscrits sur la liste des stupéfiants, est interdite dans la plupart des pays du globe. Mais certains États américain, comme la Californie ou l’Oregon, envisageraient depuis quelques temps de dépénaliser leur usage.

Usage récréatif

Si l’initiative 301 prochainement votée par la ville de Denver prévoit d’autoriser « l’usage et la possession personnelle de champignons à psilocybine » chez les plus de 21 ans, elle n’entend pas pour autant légaliser le produit qui restera interdit aux yeux de la loi fédérale et de l’État. En dépit du vote, la production, la distribution et la vente de ces psychotropes pourront toujours être poursuivies par les autorités, précise le site VoxEn outre, l’ordonnance entend former une commission d’examen composée de deux membres du conseil municipal et d’autres résidents pour examiner les conséquences de l’adoption de cette mesure.

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Récemment, plusieurs études scientifiques se sont penchées sur les propriétés des champignons hallucinogènes afin de prouver les bienfaits de la psilocybine. Publiée en février dernier dans le Journal des Drogues Psychoactives, une étude réalisée par des chercheurs aux Pays-Bas affirme que la consommation de champignons magiques boosterait la créativité, améliorerait la pensée créative ainsi que l’empathie. D’autres rapports ont également suggéré que la psilocybine pourrait aider à réduire l’anxiété des personnes atteintes d’un cancer, tout comme être utilisée comme traitement contre l’anxiété, la dépression et l’alcoolisme. « De plus en plus de preuves suggèrent que les substances psychédéliques, comme la psilocybine, peuvent avoir une valeur thérapeutique potentielle face à des troubles comme l’anxiété, la dépression et le trouble du stress post traumatique », écrit Natasha Mason, auteure de l’étude. « Ces investigations ont mis l’accent sur la capacité des psychédéliques à réduire les symptômes de ces troubles, améliorant ainsi l’humeur et le bien être. »

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Les effets secondaires de la psilocybine (angoisses, phobies, état confusionnel) ont mis un frein à son utilisation médicale pendant des décennies.© Unsplash / Viktor Talashuk

Pas sans risque

Favorisées par Internet, les ventes ont explosé lors de la dernière décennie, faisant du champignon hallucinogène l’une des drogues illicites les plus consommées au monde. En 2011, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies tirait déjà la sonnette d’alarme face à l’essor de ces produits aux effets secondaires encore mal connus. « Même si l’usage de champignons hallucinogènes n’entraîne aucune dépendance, il a une action nocive sur le cerveau et les perceptions visuelles comme auditives », rappelait-on. À noter que les champignons à psilocybine peuvent également « causer des accidents psychiatriques graves et durables, parfois dès la première prise », ceux-ci pouvant déclencher des angoisses, des phobies, des dépressions voire des bouffées délirantes aiguës.

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