Toujours plus sanglants, les cartels mexicains font tomber un nouveau record de meurtres

Toujours plus sanglants, les cartels mexicains font tomber un nouveau record de meurtres

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Les forces de police sécurisent un quartier de Minatitlan dans l'État de Veracruz, qui a vu le massacre de 13 personnes, dont un bébé d'un an, vendredi dernier. | © Angel HERNANDEZ / AFP.

Société

Le Mexique a enregistré au premier trimestre un nouveau record de violences avec 8493 meurtres recensés entre janvier et mars, selon des chiffres officiels.

25 339 homicides en 2017, 33 500 en 2018, et l’année 2019 s’annonce encore plus sanglante au pays du sombrero. Selon le ministère à la Sécurité publique, 8493 meurtres ont été recensés entre janvier et mars, ce qui représente une hausse de 9,6 % des homicides par rapport à la même période l’an dernier. L’année dernière déjà, le record avait été battu depuis la mise en place des statistiques en 1997. Le pays se classe à la quatorzième position des pays les plus violents au monde, rapportait Business Insider en novembre dernier. Six villes mexicaines sont en outre dans le top 15 des endroits les plus dangereux au monde : Culiacán, Ciudad Victoria, La Paz, Tijuana, Acapulco et Los Cabos.

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La police scientifique charge le corps d’un homme assassiné dans un centre commercial, le 24 avril 2018 à Acapulco, véritable capitale du crime. © AFP PHOTO / FRANCISCO ROBLES.

Un enième massacre sous l’ombre des cartels

Ces chiffres communiqués, à peine croyables, viennent contredire les propos du président Andres Manuel Lopez Obrador, qui avait affirmé que les homicides n’avaient pas augmenté depuis son arrivée au pouvoir, le 1er décembre dernier. Des statistiques qui reflètent une réalité féroce et glaciale au Mexique, où les cartels règnent en maîtres et sont sans pitié, surtout après le massacre de 13 personnes, dont un bébé d’un an, la semaine dernière lors d’une fête d’anniversaire dans l’État du Veracruz. Une tragédie qui a fortement ému les Mexicains en cette période pascale.

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« Nous allons renforcer (la sécurité de) l’État de Veracruz avec des effectifs de la marine et de l’armée, et nous allons le faire dans tout le pays », a promis ce lundi le président mexicain lors de sa conférence de presse quotidienne. Le président a défendu sa stratégie qui repose sur la création d’une Garde nationale, forte de 80 000 hommes, dirigée par un militaire, et la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes.

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À Tijuana, des forces de l’odre patrouillent après la mort d’un homme ce 21 avril. © Guillermo Arias / AFP.

Une stratégie « militaire » vivement critiquée

Andres Manuel Lopez Obrador, président de gauche « anti-système », s’était engagé durant sa campagne à renvoyer les militaires dans leurs casernes avant de changer radicalement de position une fois élu. Les militants des droits de l’homme ont critiqué sa décision, rappelant que l’usage de militaires pour des missions originellement dévolues à la police avait fait bondir les cas de violations des droits humains au Mexique.

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Depuis 2006, le Mexique a déployé l’armée dans le pays pour affronter la criminalité organisée dans le cadre d’une stratégie voulue par le président Felipe Calderon (2006-2012), prolongée par son successeur Enrique Pena Nieto. Mais cette « guerre contre la drogue » a aussi déclenché une vague de violence sans précédent dans le pays, avec environ 250 000 homicides depuis cette date.

Les experts estiment que cette stratégie a abouti à fragmenter les cartels en cellules délictueuses plus petites et plus violentes, qui pratiquent également le racket, les enlèvements ou le vol de combustible.

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