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San Francisco croule sous les excréments de ses sans-abris

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Image d'illustration. | © Unsplash.

Société

Alors qu’elle est une des villes les plus prospères des États-Unis, San Francisco est aussi l’une des plus inégales. Plus de 7000 SDF peuplent ses rues et ces derniers n’ont d’autres choix que de défequer dans l’espace public. Une urgence sanitaire en constante augmentation depuis dix ans, qui révèle l’inefficacité des autorités à traiter le problème à la source.

Elle abrite la Silicon Valley et fait figure de ville à la pointe où se côtoient restaurants vegan, bars hyper branchés et startup qui veulent refaire le monde. San Francisco, cet eldorado vu comme une cité en avance sur son temps, a depuis dix ans perdu de sa superbe. La ville n’arrive pas à gérer la prise en charge des 7 499 SDF dans ses rues, d’autant que certains quartiers riches refusent la construction de centres d’accueil dédiés. Pire, l’ensemble de l’agglomération (Bay Area) compte 28 000 « homeless » – la proportion la plus élevée du pays derrière New York et Los Angeles. La municipalité et les efforts du milliardaire « social » Marc Benioff n’ont malheureusement pas d’impact suffisant : la population de SDF n’a baissé que de 0,5 % en deux ans. Une véritable crise qui engendre un problème de taille : les habitants de San Francisco cohabitent avec des milliers d’excréments, les SDF n’ayant d’autres choix que de défequer dans l’espace public.

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Une Poop Patrol dédiée aux excréments humains

La quantité d’excréments est telle que la ville a agi en instaurant une Poop Patrol (« la patrouille du caca »). Cette brigade municipale a comme seule mission de faire disparaître les nombreux excréments qui polluent la ville. En 2018, une application dédiée à ce problème a même vu le jour : SnapCrap. Parodie de Snapchat, cette application permet aux habitants de signaler les crottes qu’ils voient et de déposer des rapports. Rien n’est entrepris pour aider les sans-abris à se loger et la ville compte peu de sanitaires et de toilettes publiques, ce qui laisse peu d’options quand vient le moment de faire ses besoins.

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Avec un marché immobilier très difficile d’accès – les millionnaires sont de plus en plus nombreux à s’installer et l’inégalité des revenus n’aide pas à accéder à un logement – la ville a fait le choix de nettoyer ses rues plutôt que de créer des centres de logement. Une absurdité mise en lumière par une carte créée par l’organisme à but non lucratif Open the Books. 28 084 excréments humains ont été signalés à San Francisco en 2018. Un chiffre cinq fois plus élevé qu’en 2017, preuve que le problème ne fait qu’empirer. 6 676 excréments ont déjà été enregistrés depuis début 2019.


La barre des 30 000 déjections humaines pourrait être tristement franchie cette année si la ville ne fait rien pour aider les sans-abris à accéder simplement à des toilettes gratuites ou des logements.

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