Le compost de corps humain, une presque réalité qui réduit l’impact environnemental de la mort

Le compost de corps humain, une presque réalité qui réduit l’impact environnemental de la mort

compost humain

Image d'illustration. | © Unsplash / Gabriel Jimenez.

Société

Le Congrès de l’État de Washington a validé une loi qui autorise à transformer le corps d’un défunt en compost. Cette initiative, inédite aux États-Unis, constitue une bonne alternative écologique aux autres formes de funérailles. 

La révolution écologique s’immisce à tous les niveaux et l’inventivité humaine détient des ressources insoupçonnées pour réduire notre impact environnemental. Dernier exemple en date : le compostage humain, qui consiste à placer le corps du défunt dans un container rempli de terre riche en nutriments. Dans cet environnement, le corps se décompose petit à petit. Laissez reposer trois mois et la matière organique qui résulte de ce processus, après avoir tout de même broyé les os, peut être utilisée en tant qu’engrais pour favoriser la pousse de plantes et d’arbres. À l’issue de tout cela vous obtenez un mètre cube de compost : c’est ce que l’on appelle l’humusation du défunt.

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18 kilos de carbone et 110 litres de combustible pour une incinération

Une alternative non négligeable quand on sait que l’incinération consomme beaucoup trop : un corps incinéré émet environ 18 kilos de carbone et nécessite plus de 110 litres de combustible pour brûler, nous apprend Slate, alors que le compostage humain n’émet quasi rien. L’idée a fait son chemin dans l’État de Washington, au États-Unis, et va devenir légale comme le rapporte le Washington Post. Le gouverneur Jay Inslee vient en effet de signer un texte de loi l’autorisant. Ce démocrate lancé dans la course à l’investiture pour les prochaines présidentielles, et qui a fait du changement climatique son argument de campagne numéro un, voit dans cette méthode « un effort réfléchi pour réduire notre empreinte environnementale ».

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Le corps humain fait un très bon compost, assurent les spécialistes. © Unsplash / Neslihan Gunaydin.

Pas pour tout de suite en Belgique

Reste que le procédé mis au point par la société Recompose a un coût, et pas des moindres : il faudra s’affranchir de la bagatelle de 5 000 dollars pour reposer en paix et communier avec la nature. Même si, il est vrai, le concept paraît novateur et permettrait de laisser derrière nous des traditions qui posent problème. « Nous embaumons les corps avec des solutions toxiques, les enterrons dans des cercueils de bois et de métaux précieux, avant de les enfouir indéfiniment sous terre », détaille Joshua Trey Barnett, expert en communication écologique à l’Université du Minnesota. Même son de cloche du côté de Robert Morez, fondateur des cahiers de l’agroécologie et militant de la cause en France : « À ce jour, on a le choix entre du béton et du plastique si l’on opte pour un enterrement ou émettre énormément de CO2 en cas de crémation. Sans parler de toute la chimie qui sert à l’embaumement et qui va ensuite polluer les cours d’eau », résume-t-il au Parisien.

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En Belgique, une pétition allant dans ce sens, poussée par la fondation « Métamorphose pour mourir… puis donner la vie »,  avait rassemblé 27 000 signatures en 2017. Le gouvernement bruxellois a lui adopté en octobre 2018 un projet d’ordonnance visant à autoriser l’humusation. Devant cet engouement, le ministre wallon de l’Environnement Di Antonio a accordé un budget d’environ 50 000 euros pour réaliser des tests validant ou non cette pratique. Mais l’équipe de l’UCL commissionnée à cet effet semble traîner, comme le rapportait La Libre Belgique. Il faudra donc probablement compter en années avant de voir cette pratique devenir légale par chez nous.

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