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L’Iran exécute secrètement des adolescents en toute impunité

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Image d'illustration. | © Unsplash / Mae Mu.

Société

L’organisation Amnesty International s’en est pris au pouvoir judiciaire iranien après l’exécution de deux adolescents de 17 ans, accusés de viol, sans que leurs familles ni leurs avocats n’en soient informés.

 

« L’Iran doit arrêter d’exécuter des mineurs », demande Amnesty International. L’organisation de défense des droits humains dénonce l’exécution de deux adolescents de 17 ans. Près de 100 mineurs ont été exécutés en deux ans, 90 autres risquent de l’être dans les semaines à venir, rapporte CNN. Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International, dénonce également des procès inéquitables, avec utilisation de la violence et absence d’avocat.

Des confessions extorquées par la force

« Les autorités iraniennes ont fouetté et exécuté en secret deux adolescents. Les adolescents n’étaient pas au courant du fait qu’ils avaient été condamnés à mort, jusqu’à avant leur exécution. Même leurs familles et leurs avocats n’étaient pas informés des exécutions auparavant, et évidemment ont été frappés d’apprendre cette nouvelle », détaille-t-il avant de poursuivre« Ces deux personnes ont été arrêtées à l’âge de 15 ans pour viol. À la suite de leur arrestation, les deux adolescents ont été détenus dans un centre de détention de la police, où ils n’avaient pas accès à un avocat pendant la période de l’enquête. Ils ont été battus pendant cette période. Donc, on craint – et c’est le cas dans beaucoup de procès en Iran –, que les responsabilités qu’ils ont avouées pendant le procès ont été (extorquées) par la force. »

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En janvier 2018, Amnesty International s’était déjà positionnée contre la politique d’exécution de l’Iran après la pendaison d’Ali Kazemi, âgé de 22 ans, dans une prison de la province de Bouchehr. Une exécution opérée là aussi en l’absence de son avocat, qui n’en avait pas été averti. Le condamné avait été déclaré coupable du meurtre d’un homme, poignardé lors d’une rixe en mars 2011. Il était âgé de 15 ans à l’époque des faits.

Des droits de l’enfant bafoués

« En procédant à cette exécution illégale, l’Iran affirme en réalité qu’il entend conserver la réputation honteuse d’être l’un des pays exécutant le plus de personnes qui étaient mineures au moment du crime, avait alors déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International. Ce n’est rien de moins qu’une attaque en règle visant les droits des enfants inscrits dans le droit international, qui interdit absolument de recourir à la peine de mort à l’encontre de personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans au moment du crime. »

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L’organisation réclamait alors l’intervention du pouvoir judiciaire iranien pour établir un moratoire officiel sur les exécutions de mineurs délinquants, et une modification du Code pénal « de manière à interdire le recours à la peine de mort à l’encontre de personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans au moment de l’infraction ».

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