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Les Belges surestiment largement la proportion de réfugiés accueillis

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Six Belges sur dix ont le sentiment que "nous allons vraiment être de plus en plus envahis" face à l'afflux de migrants. | © BELGA PHOTO HATIM KAGHAT

Société

D’après un récent sondage, une majorité de la population juge que la Belgique accueille trop de demandeurs d’asile et de réfugiés, tout en surestimant leur nombre…

Un rejet systématique et sans appel. Voilà le constat d’un sondage de la fondation Ceci n’est pas une crise, rapporté par Le Soir et Sudpresse. Une moitié des Belges rejette les réfugiés et prône le rapatriement des réfugiés arrivés illégalement même s’ils proviennent de pays dictatoriaux, alors que c’est une pratique illégale. Le droit international oblige en effet la Belgique à protéger sur son territoire les personnes qui bénéficient du statut de réfugié en raison des risques qu’ils encourent dans leur pays.

D’après l’enquête d’opinion, une majorité des 801 personnes questionnées depuis septembre juge que la Belgique accueille trop de demandeurs d’asile et de réfugiés (56%) et veut interdire l’hébergement citoyen des réfugiés en situation illégale (49%). L’enfermement des enfants avec leurs parents dans l’attente de leur expulsion est davantage contesté, puisque seuls 43% l’approuvent (contre 42% d’opposants et 15% d’avis mitigés).

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0,1% à 1%

Plus généralement, six Belges sur dix ont le sentiment que « nous allons vraiment être de plus en plus envahis » face à l’afflux de migrants qui traversent la Méditerranée. Mais ils surestiment largement la proportion de réfugiés accueillis : seuls 13% des personnes interrogées indiquent un pourcentage proche de la réalité, soit de 0,1% à 1% de la population européenne, souligne Sudpresse. Au Liban, les réfugiés représentent près de 30% de la population, relève Le Soir à titre de comparaison.

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Des manifestants pour une politique migratoire humaine, le 2 février 2019. © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Une rejet de l’autre

Pour le sociologue Benoît Scheuer, qui a dirigé l’étude, celle-ci confirme que la société est profondément divisée, avec une opposition frontale entre d’un côté les « abandonnés », marqués par le repli sur soi et une défiance absolue vis-à-vis des institutions, et de l’autre les « renaissants », également antisystème mais avec une approche beaucoup plus ouverte. « Plus que jamais, cette société est devenue un archipel où cohabitent sans se fréquenter des individus ayant des visions du monde et des sensibilités extrêmement différentes », observe Benoît Scheuer.

Le sondage démontre au passage le lien entre la perception des réfugiés et le positionnement des interrogés vis-à-vis de l’Union européenne. Résultat : plus une personne est favorable à une Europe forte, plus elle se montre ouverte à l’accueil de réfugiés. À l’inverse, les souverainistes durs sont dans un rejet complet, indique Le Soir. « Ce n’est pas tant la figure du réfugié spécifiquement ou même de l’étranger qui suscite l’hostilité, mais un repli face à toute forme d’altérité », estime l’étude. Elle est loin l’image du Belge convivial, chaleureux et familier…

Avec Belga

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