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À Paris, une femme aurait été interdite de monter dans le bus à cause de sa jupe

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Chaque femme est libre de s'habiller comme elle le souhaite. | © EPA/HORACIO VILLALOBOS

Société

Dans la capitale française, un chauffeur de bus est accusé d’avoir refusé l’accès à une femme parce qu’elle portait une jupe. Un fait machiste en cours de vérification du côté de la RATP.

En 2019, certains hommes se permettent encore de décider de ce que les femmes doivent porter ou non, comme si elles étaient leur propriété. L’écrivain Kamel Bencheikh a accusé un chauffeur de bus d’avoir refusé l’accès à sa fille et à son amie en raison d’une jupe jugée trop courte. Les faits, qui doivent encore être avérés, se seraient déroulés mardi soir à Paris, près du parc des Buttes Chaumont. « Elise attendait le bus de la ligne 60 avec une amie, à l’arrêt Botzaris, aux Buttes Chaumont (Paris XIXe). Lorsque le véhicule est arrivé, elles n’étaient que toutes les deux. Le chauffeur les a jaugées, n’a pas ouvert les portières et a redémarré », explique le père de la jeune femme de 29 ans dans une publication Facebook, supprimée par le réseau social. « Le véhicule s’arrête quelques mètres plus loin à un feu rouge. Ma fille a couru jusque la vitre du conducteur pour demander au chauffeur pourquoi il n’ouvrait pas les portes », poursuit l’auteur contacté par Le Parisien. « Tu n’as qu’à bien t’habiller », aurait répondu le conducteur en regardant ses jambes.

Choquées par cette réaction, les deux femmes seraient rester un moment sur place avant de prendre un taxi. « Ce type qui conduit un bus payé par mes impôts a empêché ma fille, titulaire d’un passe Navigo valide et donc en règle, qui n’a jamais rien eu à se reprocher de monter… Juste parce qu’elle portait une jupe », s’ingurge le père né à Setif, en Algérie. Pris de colère, il accuse le chauffeur d’être un « islamiste » et voit sa publication être censurée. Elle commencait par « Je revendique mon islamophobie ». « On me reproche d’inciter à la haine. Mais j’ai publié les faits parce que je voulais qu’ils soient repris. Pour dénoncer cette dérive », poursuit au quotidien français celui qui assume ses positions. Kamel Bencheikh exige des « excuses publiques » de la part de la RATP, la Régie autonome des transports parisiens, et affirme qu’il portera plainte ce samedi avec sa fille, qui était jusque-là en déplacement.

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Reprise par Le Figaro, l’histoire a rapidement suscité des réactions du côté des politiciens, surtout de droite et de l’extrême droite. « Sommes-nous encore en France ? », s’interroge par exemple sur Twitter le cadre du RN (l’ancien Front National) Jean Messiha, alors que la porte-parole des Républicains, Lidya Guirous, affirme qu’il y a « urgence a éradiquer l’islam politique ». « L’extrémisme religieux n’a pas sa place dans notre République. Nos libertés, nos droits doivent être préservés ! », lance la députée LR Valérie Boyer.

Vérification en cours

Interpellée par la présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse, la RATP a affirmé avoir « engagé une vérification ». Le conducteur sera « entendu très vite », a poursuivi la régie publique, soulignant que ces faits sont « tout à fait contraires aux valeurs de la RATP » et que « les sanctions appropriées seront prises » s’ils sont avérés.

 

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