Paris Match Belgique

Peine de mort pour les homosexuels : Brunei fait marche arrière

Homosexuels

Des activistes avaient protesté devant l'ambassade de Brunei à Paris à l'annonce de la nouvelle loi. | © AFP

Société

Le sultanat de Brunei assure qu’il y a eu un malentendu en ce qui concerne la nouvelle loi qui était entrée en vigueur il y a un mois. L’État annonce un moratoire.

Il y a tout juste un mois, le sultanat de Brunei provoquait l’indignation du monde entier en instaurant officiellement la peine de mort par lapidation pour les homosexuels. Il devenait ainsi le premier pays d’Asie du Sud-Est à appliquer au niveau national un code pénal suivant la charia la plus stricte, comme le fait l’Arabie saoudite. Et ce n’était pas tout, le nouveau code qui entrait en vigueur prévoyait aussi l’amputation d’une main ou d’un pied pour les voleurs ainsi que la peine de mort pour le viol ou encore l’insulte au prophète Mahomet. Certains articles du code, comme la lapidation pour homosexualité, s’appliquent aux musulmans comme aux non-musulmans.

Lire aussi > Comment protester contre le Brunei quand on ne peut pas se payer un hôtel de luxe ?

Heureusement, le sultanat de Brunei vient d’annoncer la bonne nouvelle : il renonce tout simplement à appliquer la peine de mort à l’encontre des homosexuels en raison du tollé international suscité par cette mesure, a annoncé le sultan Hassanal Bolkiah à l’occasion du début du ramadan. Le sultan a souligné qu’un « moratoire de fait » existait en ce qui concerne la peine capitale depuis deux décennies déjà. Il en est ainsi pour les criminels, il en sera de même pour les homosexuels. Hassanal Bolkiah a évoqué un « malentendu ».

Un nouveau code pénal entré en vigueur en avril dans ce petit État avait semé la consternation dans le monde entier, l’ONU dénonçant des « peines cruelles et inhumaines ». Brunei a fait l’objet de virulentes critiques de la communauté internationale, emmenée par l’acteur américain George Clooney qui a lancé un appel au boycott de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei et rejoint un peu plus tard pas le chanteur britannique Elton John, même des élus de la ville de Los Angeles, qui abrite deux de ces hôtels, ont joint leur voix à cet appel. Phil Robertson, le directeur adjoint de l’ONG Human Rights Watch, estimait, lors de l’annonce, que le texte était « barbare dans son essence » et « impose des punitions archaïques pour des actes qui ne devraient même pas être considérés comme des crimes ». Pour l’Union européenne, certains aspects de la législation relèvent « de la torture ou d’actes cruels, inhumains et dégradants ».

La nouvelle devrait donc apaiser un peu les esprits de la communauté LGBT du pays, qui vit déjà de manière « très cachée ».

CIM Internet