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Caterpillar : un site pour un euro symbolique et une enveloppe sociale toujours trop faible pour certains

Les négociations syndicales terminées, le gouvernement wallon révèle le résultats de ses propres tractations. | © BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

Société

Alors que les négociations entre la direction et les syndicats des travailleurs de Caterpillar duraient depuis des mois, d’autres pourparlers étaient en cours : ceux du rachat du site de Gosselies par la Région wallonne, pour un euro symbolique. Mais pour certains sous-traitants, tout n’est pas encore résolu.

 

143 millions d’euros moins un, c’est le résultat des négociations entre le gouvernement wallon et Caterpillar dans le cadre de la reconversion du site de Gosselies. Très vite après l’annonce de l’entreprise de quitter les terres carolos, la Région était partie à l’abordage de cette gigantesque implantation de 93 hectares. Ce lundi, l’annonce a été faite par Paul Magnette, accompagné pour l’occasion par Maxime Prévot, Jean-Claude Marcourt et Eliane Tillieux, la ministre de l’emploi : le site est à eux pour un euro symbolique.

L’Américain laisse ainsi derrière lui 143 millions d’euros, soit la valeur totale du terrain, des bâtiments et du trois-quart des équipements. En prime, il assure un dédomagement de cinq millions d’euros si le site s’avérait pollué. L’acte sera signé en juin 2018.

Carotte et bâton

« Nous avons utilisé tous les instruments juridiques existants, ce fut un mélange de carotte et de bâton, mais la recette relève du secret des négociations », a fait savoir Paul Magnette lors de l’annonce. C’est que les lieux constituent un « positionnement unique en Wallonie », selon Marcourt, à quelques pas seulement d’autoroutes et d’un aéroport. Trois pôles de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés chacun, des quais de réception pour camion, des bureaux et des parkings imposants : tout cela est désormais à la Région wallonne.

©BELGA PHOTO NICOLAS LAMBERT

Il s’agit maintenant de relancer l’activité industrielle sur le terrain. Pour cela, des sociétés ont été contactées, soit pour reprendre la place de Caterpillar, soit sans l’ambition de scinder le site de Gosselies en plusieurs parties. Pour l’instant, l’intérêt s’est manifesté auprès de deux candidats, mais rien n’a encore été acté.

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Les sous-traitants dans l’incertitude

Côté travailleurs, un groupe du site de Yusen Logistics à Courcelles s’est rendu lundi à Melsele, au siège belge du groupe. Leurs délégués syndicaux ont pu rencontrer des responsables de la société sans toutefois parvenir à les convaincre d’augmenter l’enveloppe sociale liée à la procédure de licenciement collectif.

En tant que sous-traitant de Caterpillar Belgium à Gosselies (Charleroi), le site de Yusen Logistics va connaître d’importantes suppressions d’emplois dans les prochains mois. Depuis plusieurs semaines, syndicats et direction mènent des négociations sur le plan social. Alors que les travailleurs espéraient que le groupe élève le montant de l’enveloppe sociale, celui-ci a refusé fin de semaine dernière de revoir à la hausse les indemnités déjà négociées.

Les travailleurs de Yusen Logistics doivent pouvoir partir dignement.

Selon les syndicats, la direction a justifié son refus par l’incertitude des négociations qu’elle mène actuellement avec Caterpillar au sujet de la fin de ses activités sur le site carolo de Caterpillar. « Une multinationale comme Yusen Logistics ne peut pas suspendre le sort de ses travailleurs aux discussions qu’elle mène avec une autre multinationale. Les travailleurs de Yusen Logistics doivent pouvoir partir dignement », a affirme Johnny Coin, délégué FGTB UBT.

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En grève ce lundi, les travailleurs de Yusen Logistics le seront encore mardi.

Avec Belga

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