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En Hongrie, les migrants seront désormais détenus dans des camps

La Hongrie avait déjà fait parler d'elle en construisant plusieurs grillages anti-migrants © Belga | © Belga

Société

La loi hongroise de mise en détention systématique des migrants est entrée en vigueur mardi, malgré les vives critiques des ONG de défense des droits de l’homme, l’Union européenne appelant de son côté au respect de ses « principes » humanitaires.
Selon la nouvelle législation, tous les demandeurs d’asile présents en Hongrie ou y arrivant doivent être regroupés dans deux camps fermés installés à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa, a précisé le ministère de l’Intérieur.

« Réduire les risques sécuritaires »

La mesure vise à « empêcher les migrants dont le statut n’est pas clairement défini de se déplacer librement sur le territoire national et au sein de l’Union européenne, et donc de réduire les risques sécuritaires liés aux migrations » .

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Logés dans des conteneurs

Les camps ont été équipés de 324 conteneurs habitables. Les migrants devront y séjourner dans l’attente d’une décision définitive concernant leur demande d’asile et il ne leur sera possible de quitter les lieux qu’en cas d’avis positif ou s’ils retournent en Serbie.

Camouflet pour les institutions

La loi, adoptée le 7 mars à l’instigation de M. Orban, a été dénoncée par plusieurs ONG ainsi que par le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), qui a relevé qu’elle « viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes » en matière d’asile.

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Promesse brisée

En 2013, le Premier ministre ultranationaliste hongrois Viktor Orbán avait cédé à la pression de l’Union Européenne, du Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés et de la Cour européenne des droits de l’homme et renoncé à la détention systématique des demandeurs d’asile.

« Un impact terrible »

Paroles, paroles : la nouvelle loi, rétroactive, concerne aussi bien les nouveaux arrivants que les 586 demandeurs d’asile actuellement recensés dans le pays. Selon le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés,  «cette loi viole tous les traités internationaux et européens signés par la Hongrie et elle va avoir un impact physique et psychologique terrible sur des hommes, des femmes et des enfants qui ont déjà beaucoup souffert». 

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