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La Belgique, deuxième pays le plus LGBT-friendly d’Europe

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Si sous certains aspects la Belgique est précurseuse, tout n'est pas tout rose. | © Markus Spiske/Unsplash

Société

Pour la deuxième année consécutive, la Belgique se maintient en deuxième position du classement Rainbow qui recense les droits et les conditions de vie des personnes LGBTI en Europe.

À quelques jours de la Belgian Pride, le classement ne pouvait pas mieux tomber : pour la deuxième année consécutive, la Belgique arrive en deuxième position du classement Rainbow, établi par ILGA-Europe (International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association Europe). Le classement analyse les droits et les conditions de vie des personnes LGBTQI+ dans tous les pays européens. Il passe en revue plusieurs catégories auxquelles des pourcentages sont attribués et la moyenne de ceux-ci forment le classement final. Il existe six catégories : l’égalité et la non-discrimination, la famille, les crimes et discours de haine, la reconnaissance juridique du genre et de l’intégrité physique, l’espace dans la société civile et l’asile. Le classement examine diverses lois en vigueur dans le pays et leur influence sur l’intégration des personnes LGBTI comme le mariage homosexuel, la protection sur le lieu de travail, les événements publics, l’adoption, les thérapies de conversion, ou encore la législation sur la discrimination.

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À la première position, on retrouve Malte avec une moyenne de 90,35%. Le pays remplit toutes les conditions dans quatre critères sur six. Ses points faibles étant les lois et les politiques menées à propos des personnes intersexe, de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. En janvier 2018, le crime de haine a été ajouté aux crimes qui pouvaient être signalés à la police. Tandis qu’en septembre de la même année, le gouvernement maltais lançait le deuxième plan de stratégie et d’action pour l’égalité LGBTIQ avec comme objectif d’intégrer les modifications législatives et politiques introduites par Malte au cours des dernières années, à la prestation de services et à la vie quotidienne. Juste après Malte, la Belgique monte sur la deuxième marche du podium avec 73,08% tandis que le Luxembourg (70,4%) complète le top 3. Ensuite on retrouve trois pays nordiques, le Portugal et le Royaume-Uni. La France se hisse de justesse dans le top 10 qui est complété par la Suède.

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Le top 20 des pays européens dans le classement Rainbow. ©Rainbow Europe

En Belgique, on est donc plutôt bien loti lorsqu’on se revendique LGBTQI, mais tout n’est pas rose pour autant. « Si on peut considérer, aujourd’hui, que les gays et les lesbiennes sont égaux en droits, tant civils que familiaux, pour les transgenres, ce n’est pas du tout le cas, explique Philippe Artois, coordinateur du service éducation permanente de l’ASBL Tels Quels. Certes une loi règle certaines questions au niveau de la transsexualité, notamment en termes de prise en charge des actes médicaux et psychiatriques ou de changement d’état civil. Mais il reste beaucoup de questions sans réponses, que ce soit pour les transgenres qui ne souhaitent pas se faire opérer, que ce soit pour les transsexuels qui ne désirent pas être psychiatrisés, pour les intersexués qui ne veulent pas ou ne peuvent pas choisir, et là, notre pays est à la traîne, de nombreux pays sont beaucoup plus loin en termes de droits individuels, civils et sociaux pour toutes ces personnes ».

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Mariage et adoption

Les couples homosexuels peuvent recourir à l’adoption depuis 2006. Depuis 2015, ils peuvent également passer par la procréation médicalement assistée. Comme dans les couples hétéros, la femme du couple qui ne porte pas l’enfant est directement considérée comme sa mère sans devoir l’adopter. La Belgique a donc mis en place la présomption de maternité, à l’instar de la présomption de paternité dans les couples hétérosexuels. Qu’en est-il pour les couples d’hommes ? « Si celle-ci n’a pas été évoquée par les parlementaires, cela est dû à l’idée que les couples d’hommes devraient avoir recours à la gestation pour autrui qui en Belgique n’est ni légale, ni illégale mais semble poser des questions éthiques et morales », explique l’association BePax. En ce qui concerne les transgenres, il n’est plus nécessaire de passer par un parcours de psychiatrisation et de stérilisation pour faire modifier leur état civil.

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La Belgian Pride aura lieu ce samedi à Bruxelles. ©Toni Reed/Unsplash

Et si dans les textes de loi, la Belgique se positionne comme un pays parfois précurseur ou en tout cas qui met en place de quoi permettre l’intégration et l’égalité des personnes LGBTQI+, dans les faits, le concept n’est pas encore accepté par tout le monde. En témoignent les graves agressions qui ont eu lieu l’année passée sur le territoire belge ou encore les sorties de certains hommes politiques.

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En dernière position du classement, on retrouve l’Azerbaïdjan avec un total de 3%, sans doute pour les trois seules choses qu’ils permettent aux personnes LGBTQI+ : le don de sang, le changement de nom et l’absence de loi limitant la liberté d’expression.

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