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#YouKnowMe : La réponse courageuse des femmes contre la loi anti-avortement en Alabama

Avortement

Les manifestations des militants pro-choice et des militants pro-life ne cessent pas. | © EPA

Société

Après le vote de la loi « la plus répressive des États-Unis concernant l’avortement » par l’État d’Alabama ce mardi, des femmes du monde entier ont décidé de partager leurs expériences de l’avortement sous le hashtag #YouKnowMe.

Mardi, l’État d’Alabama a passé la loi « la plus répressive des États-Unis concernant l’avortement », promettant de lourdes peines de prison pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grosses (sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’ »anomalie létale » du fœtus) et ne prévoit aucune exception même en cas de viol ou d’inceste. Dans les faits, la jurisprudence du cas emblématique de 1973 « Roe v. Wade » (qui a reconnu le droit des femmes à avorter tant que le fœtus n’est pas viable) remet en cause la mise en application concrète de cette loi. Mais l’objectif avoué des promoteurs du texte est bel et bien de se retrouver devant la Cour suprême pour revenir sur ce cas. De son côté, l’Association de défense des droits civiques (ACLU) a annoncé son intention d’aller en justice pour empêcher l’application de ce texte. La semaine passée, c’était l’État de Géorgie qui avait voté une loi restrictive concernant l’interruption volontaire de grossesse, l’interdisant formellement après les premiers battements de cœur du fœtus. Les deux États ont ainsi rejoint le Mississippi, le Kentucky et l’Ohio dans leur lutte contre le droit à l’avortement.

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À travers le pays, de nombreuses femmes se sont révoltées contre ces décisions. Après que la décision a été prise en Géorgie, Alyssa Milano appelait les femmes à une grève du sexe en expliquant: « Si nos choix sont ignorés, les vôtres le seront aussi » tandis qu’une cinquantaine de stars signaient une pétition contre cette même loi. Elle a aussi souligné le fait que la loi passée par l’État d’Alabama (à 25 voix contre 6) avait essentiellement été rédigée par des hommes blancs. Bien que ce soit Kay Ivey, la gouverneure d’Alabama, qui ait apposé la signature finale de l’interdiction.

Une femme sur quatre

Dans une vidéo postée à la suite de la décision prise par l’État de Géorgie, l’actrice Busy Phillips a partagé son expérience personnelle au début de son émission. « Toutes les femmes méritent de la compassion et de l’attention et non des jugements ou de l’ingérence lorsqu’il s’agit de leur propre corps. Les statistiques prouvent qu’une femme sur quatre va avoir recours à un avortement avant l’âge de 45 ans », a-t-elle expliqué avant de se confier sur son expérience personnelle. « J’ai eu une interruption volontaire de grossesse lorsque j’avais 15 ans et je vous le dis car j’ai vraiment peur pour les femmes et les filles de ce pays et je pense qu’on a tous besoin de parler plus et partager nos histoires davantage », raconte l’actrice remplie d’émotion.

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Lorsque l’État d’Alabama a embrayé, l’actrice a décidé de lancer le hashtag #youKnowMe encourageant les femmes qui ont eu recours à un avortement à le faire savoir en racontant (ou pas) leur histoire afin de « partager et commencer à mettre fin à la honte ». « Une femme sur quatre a eu recours à une interruption volontaire de grossesse. Beaucoup de gens pensent qu’ils ne connaissent pas quelqu’un qui en a eu une, mais vous me connaissez (you know me). Faisons donc ceci : si vous êtes aussi cette personne sur quatre, partagez-le et commençons à mettre fin à la honte. Utilisez #Youknowme et partageons la vérité », a-t-elle twitté ce mercredi.

Et de nombreuses filles ont emboité le pas pour défendre le droit à l’avortement en partageant leur histoire ou simplement en faisant savoir qu’elles aussi avaient eu recours à une IVG. Elles parlent de viols, de relations abusives, de moments difficiles de leur vie, de leur âge, de leur situation financière. Les femmes exposent les nombreuses raisons qui font qu’elles ont choisi d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse même si elles ne devraient pas avoir à justifier leur acte. Elles confient aussi le sentiment de honte et de détresse qui va parfois avec l’avortement, ainsi que la difficulté de faire face aux nombreuses remarques inquisitrices qui leur tombent dessus par le corps médical, leurs proches ou même des inconnus.

Le hashtag permet d’avoir un aperçu du nombre de femmes qui ont eu recours à une IVG, souligner le fait qu’on connaît certainement tous une femme qui y a eu recours et à quel point des lois peuvent être prises à des kilomètres de la réalité en impactant profondément et parfois dangereusement la vie des femmes.

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