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Trop embouteillé, l’Everest devient mortel pour les alpinistes

mont everest

Image d'illustration. | © PRAKASH MATHEMA / AFP

Société

Les embouteillages d’alpinistes ont déjà causé la mort de 7 alpinistes cette saison, dont 5 en deux jours.

 

Depuis le début du mois d’avril, ils sont des centaines à vouloir atteindre le toit du monde. Profitant d’une météo moins extrême et plus propice à l’ascension, les alpinistes se bousculent pour gravir l’Everest et son sommet de 8 848 mètres d’altitude. Mais cette année, les fortes chutes de neige et les rafales de vent ont rendu l’expédition particulièrement difficile pour les grimpeurs, mortelle même.

Un alpiniste américain a péri sur le versant sud de la montagne himalayenne au cours de sa descente, apprenait-on ce jeudi, en même temps que la disparition d’un Irlandais présumé mort après une chute. Une semaine auparavant, un Indien de 27 ans a aussi trouvé la mort sur le chemin du retour, dans celle que l’on appelle « la zone de la mort » (située à plus de 7 600) où le manque d’air met en péril la vie du grimpeur.

Cinq décès en deux jours

Ce vendredi, « trois nouveaux alpinistes ont péri sur l’Everest », a annoncé à l’AFP Mira Acharya, porte-parole du département du tourisme du Népal, déclarant cinq décès en deux jours. En cause, les embouteillages d’alpinistes qui se forment à proximité du sommet, faisant patienter certains pendant plusieurs heures avant d’être épuisés par le manque d’oxygène. Nihal Bagwan, le jeune grimpeur décédé « a été coincé dans l’embouteillage pendant plus de douze heures et était épuisé », a relaté l’un des organisateurs de l’expédition. « Des guides sherpas l’ont ramené au camp 4 mais il a rendu son dernier souffle là-bas. »

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En file indienne et les crampons aux pieds, les alpinistes emmitouflés dans leurs vêtements attendent patiemment – quoique non sans peine – le long de l’arête entre la cime et le col Sud, avant d’atteindre le dernier campement du versant népalais. En témoignent quelques photos impressionnantes partagées sur les réseaux.

Nombre record d’alpinistes

Depuis les années 90, les expéditions commerciales ont progressivement augmenté la présence des alpinistes sur les parois de la montagne située dans la chaîne de l’Himalaya. Ce printemps, le Népal a émis le nombre record de 381 permis au prix unitaire de 11 000 dollars, soit un peu plus de 9 800 euros, rapporte l’AFP. En comptant la présence (obligatoire) d’un guide par alpiniste, ils seront donc environ 750 à s’élancer sur la même voie en l’espace de quelques semaines. Sur le flanc nord, au Tibet, les opérateurs ont dénombré au moins 140 autres titulaires de permis.

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« Au total, le nombre d’alpinistes sur l’Everest pourrait cette année dépasser le record atteint l’an dernier qui avait vu 807 personnes atteindre le sommet », conclut l’agence de presse. L’année dernière, cinq personnes y ont perdu la vie.

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