Paris Match Belgique

Le pape compare (encore) l’avortement au recours à un « tueur à gages »

avortement

Le pape François, le 20 mai 2019. | © Tiziana FABI / AFP

Société

Le pape François a assuré samedi que l’interdit de l’avortement regardait l’humain, pas le religieux, réaffirmant qu’il équivalait au recours à un tueur à gages.

Le pape François persiste. Fermement opposé à l’avortement, le pontife argentin a refait samedi une comparaison avec le recours à un tueur à gages, une phrase qui lui avait déjà valu de vives critiques. « Est-il licite d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il licite d’embaucher un tueur à gages pour résoudre un problème ? », a déclaré le pape. « N’allez pas sur le religieux pour quelque chose qui regarde l’humain », a-t-il ajouté. Le souverain pontife s’exprimait devant les participants à un colloque sur la lutte contre l’avortement thérapeutique proposé quand les diagnostics anténataux ont révélé de graves malformations.

« Aucun être humain ne peut être considéré comme incompatible avec la vie », a insisté le pape, même quand un enfant à naître est condamné à brève échéance.

Lire aussi > #YouKnowMe : La réponse courageuse des femmes contre la loi anti-avortement en Alabama

Dans ces cas, les soins ne sont pas un gaspillage mais aident « les parents à préparer leur deuil et à le percevoir pas seulement comme une perte mais comme une étape (…). Cet enfant restera dans leur vie pour toujours, et ils auront pu l’aimer », a-t-il insisté.

Des « réseaux d’amour »

Pour le pape, plutôt que proposer l’avortement thérapeutique, il faut créer des « réseaux d’amour » pour éviter que la peur de la maladie et de la souffrance ne condamne les familles à la solitude.

En octobre 2018, le pape François avait déjà comparé l’avortement au recours à un tueur à gages, provoquant de vives réactions. « Interrompre une grossesse c’est comme éliminer quelqu’un. Est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? », avait demandé le pape argentin aux fidèles rassemblés sur la place. « Est-il juste d’avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème ? », avait-il poursuivi, en sortant de son texte prévu. « Se débarrasser d’un être humain, c’est comme avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème. »

En France, l’Ordre des médecins avait adressé un courrier au Vatican pour évoquer « l’émotion et l’incompréhension ressenties par les médecins et par les femmes » face à « des propos d’une telle violence ».

Avec Belga

CIM Internet