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Indigo : La nouvelle appli solidaire qui fait du bien

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Un bien en l'échange d'un service, ou l'inverse. Et le tout, sans monnaie. | © rawpixel.com/Pexels

Société

Leur défi ? Lever une vague d’entraide. Et remettre le lien social au centre de nos vies de tous les jours en abandonnant l’argent et en misant sur une certaine forme de troc.

Vous avez déjà voulu vous débarrasser de votre vieux canapé ou chercher quelqu’un pour sortir votre animal de compagnie lorsque vous n’en avez pas l’occasion ? Le plus facile est alors de passer via ses connaissances ou de lancer un appel à travers certains groupes Facebook locaux. Cela, c’était avant que l’application Indigo débarque en Belgique au début du mois de mai. Son concept ? « Retisser le lien social et révolutionner l’accès aux biens et aux services grâce à un outil digital de solidarité fondé sur la Monnaie sociale de la générosité, le Digo ». Rien que ça.

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Plus on offre, plus on gagne

L’application est basée sur le système du troc mais pas dans son sens le plus basique. Là où, dans un troc, deux personnes s’échangent l’une à l’autre un bien ou un service, l’application Indigo sort de ce carcan binaire. Et c’est là qu’une certaine forme d’argent rentre en jeu. Le principe est simple. Lorsqu’on offre un bien ou un service, on gagne des Digo. Point. On n’est pas obligé d’échanger directement quelque chose à la personne qui nous a aidé. On peut engranger cette sorte de monnaie virtuelle qui nous permettra, par la suite et chez quelqu’un d’autre, « d’acheter » un autre bien ou service. Concrètement, je peux donner mon canapé à Caroline pour quelques Digo que j’utiliserai ensuite chez Jean pour prendre des cours de dessin. On rencontre nos voisins, on crée du lien, on abandonne l’argent tout en se débarrassant de choses inutiles et en faisant plaisir à ceux qui en ont besoin. « Les utilisateurs fixent librement la valeur des objets ou des services qu’ils proposent, de 0 à 100 Digos », précise l’application.

Les associations sont dans la place

Indigo permet trois sortes d’interaction : donner, demander et aider. Cela signifie qu’on peut offrir n’importe quel objet ou service à la communauté. Dès qu’une annonce de don est créée, l’application cherche une demande correspondant à l’offre. S’il n’en existe pas encore, l’offre (un canapé bleu en très bon état ou un cours de guitare) s’inscrit sur la carte du quartier et y reste pour être consultable par les prochains utilisateurs. Elle prend la forme d’une icône bleue. Le réseau social encourage ainsi les personnes qui ont besoin de quelque chose à créer une demande (qui sera, elle aussi, géolocalisée) afin qu’il puisse rechercher une correspondance lorsqu’une offre paraîtra. C’est l’icône rouge.

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Sur la carte apparaissent également des icônes jaunes. Il s’agit des associations. « Tu peux chercher des événements associatifs autour de toi et devenir bénévole ou aider des associations en leur offrant les objets dont elles ont besoin », expliquent les créateurs de l’application.

Et comme dans toute bonne relation plus ou moins marchande, des réductions existent. Pour récompenser les dons gratuits ou le bénévolat réalisé pour des associations, l’application vous jauge aussi en fonction de votre taux de goodvibes. « Le goodvibes augmente en fonction du nombre de personnes que tu aides gratuitement et le nombre de coups de main que tu donnes à des associations ». Plus nos goodvibes augmentent, plus on recevra des réductions sur nos prochaines transactions en Digo.

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La nouvelle application est basée sur l’entraide. ©Rawpixel.com/Pexels

Quatre objectifs principaux

À travers cette application, Indigo souhaite donc favoriser le partage et la solidarité, mais pas seulement. « Nous souhaitons répondre à l’accroissement des phénomènes d’exclusion qui accentue le nombre de personnes démunies et en situation de précarité. En apportant un outil d’échange qui permet de mettre en avant la générosité des utilisateurs, nous contribuons à un système collaboratif d’échange entre les individus », expliquent-ils sur leur site internet. Une manière de réduire les inégalités. Les associations sont également au centre de leur réflexion puisqu’ils permettent aux utilisateurs de devenir bénévoles tout en offrant une certaine visibilité aux associations locales.« Nous reversons également 10% de nos bénéfices à différentes causes associatives ».

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Et comme pour s’inscrire encore un peu plus dans l’air du temps, la cause des réfugiés est aussi défendue par les créateurs de l’application. « Afin d’accompagner l’intégration des personnes réfugiées, exilées et migrantes en France et en Europe, Indigo est soutenu et financé par la FAMI (fond asile migration intégration) de l’Union européenne. Ce projet vise le déploiement d’Indigo en Grèce, Finlande, Pologne, Chypre, France et Italie pour faciliter l’insertion sociale des populations migrantes dans leur territoire d’accueil. En ce sens, l’application est traduite dans trois langues: Urdu, Farsi et Arabe ».

En quelques semaines à peine, Indigo est déjà disponible dans plusieurs pays européens et s’est réparti dans de nombreuses villes belges également. À vos dons.

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