En Alabama, l’éducation sexuelle se résume à l’abstinence

En Alabama, l’éducation sexuelle se résume à l’abstinence

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82% des 4,8 millions d'habitants d'Alabama disent croire en Dieu "avec une certitude absolue", selon une étude du Pew Research Center en 2016. | © Robyn Beck / AFP

Société

En Alabama, l’éducation sexuelle est rendue inexistante par la religion, rapprochant encore un peu plus l’Église et l’État.

Après avoir voté la loi la plus répressive des États-Unis sur l’avortement en mai, l’Alabama prouve une nouvelle fois qu’il est l’État le plus religieux du pays. Cet État du sud, situé dans la « ceinture de la Bible »,  n’exige pas que l’éducation sexuelle soit abordée en classe. Mais si c’est le cas, les enseignants doivent suivre les « instructions » du code de l’Alabama de 1975. Ces dernières promeuvent « l’abstinence, en particulier comme unique manière sûre d’empêcher (la diffusion) de maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées », explique à l’AFP Michael Sibley, porte-parole du département de l’Education de l’Alabama, cité par nos confrères de La Libre. Ceci étant un « minimum obligatoire », les écoles peuvent enseigner d’autres méthodes de contraception si les autorités scolaires locales dont elles dépendent les y autorisent. Ce qui est peu fréquent.

Le texte demande également aux professeurs d’enseigner que l’homosexualité est une « infraction pénale ». Un projet de loi qui n’a pas pu être voté lors de la dernière session législative proposait de supprimer ce paragraphe. Dans les écoles d’Alabama, il est donc enseigné que le sexe est « quelque chose qui ne peut arriver que dans le contexte d’un mariage hétérosexuel », indique Amanda Reyes, porte-parole de l’ONG Yellowhammer Fund, qui finance les avortements de femmes ayant de faibles revenus.

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Margaux Hartline, une militante homosexuelle originaire d’Alabama, explique de son côté, que dans l’école où elle a étudié, il existait un programme recrutant les étudiantes des classes supérieures pour apprendre aux plus jeunes « les merveilles de l’abstinence » sexuelle. Les professeurs devaient au préalable interroger les plus âgées pour s’assurer qu’elles étaient vierges. « C’était une question tellement intrusive », se remémore la jeune femme de 25 ans.

Enseignement de la Bible

Après avoir signé la loi anti-avortement, votée par 25 hommes blancs qui s’identifient tous comme membres des églises évangélique, baptiste, épiscopale ou encore presbytérienne, le gouverneur Kay Ivey doit donner son feu vert à une nouvelle mesure. Approuvée par les autorités, cette dernière permettrait d’enseigner la Bible et l’histoire religieuse dans les écoles publiques, ainsi que d’exposer une iconographie religieuse dans les salles de classe.

En janvier, Donald Trump s’était d’ailleurs réjoui de l’adoption de lois similaires dans plusieurs Etats. « De nombreux Etats introduisent l’étude de la Bible. Génial ! », avait-il tweeté, prouvant une nouvelle fois que l’Eglise et l’Etat, pourtant séparés, sont de plus en plus proches aux Etats-Unis.

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