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Faut-il vraiment avoir peur de la prochaine canicule ?

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Capture d'écran du clip "Temperature" (Sean Paul). | © DR

Société

Habitué à osciller autour des 15 degrés, le thermomètre belge pourrait flirter avec les 40 degrés dès la semaine prochaine. Du déjà vu, mais qui suscite toutefois l’inquiétude.

 

Elle n’est même pas encore là qu’on n’en peut déjà plus. Pas de la chaleur, hein. Plutôt des dizaines de messages alertant sur les « températures extrêmes » attendues pour la semaine prochaine et leur lot d’agréments – et de désagréments. « À vos piscines, la vague de chaleur arrive », annonce-t-on d’un côté. « Alerte aux pics d’ozone dans l’air », avertit-on de l’autre. Qu’on s’en réjouisse ou non, la canicule qui s’apprête à toucher la Belgique et la France fait couler de l’encre… beaucoup d’encre. Un peu trop, même.

On n’y croyait plus, mais l’été va finalement peut-être (enfin) arriver. Et sans transition, s’il vous plaît. Après un début de mois de juin sous le signe de la grisaille, de la pluie et des orages, mère Nature s’est finalement décidée à faire grimper la température. Habitué à osciller autour des 15 degrés, le thermomètre belge pourrait flirter avec les 40 degrés dès la semaine prochaine. Un phénomène certes rare, mais tout de même. Pas au point de sonner comme un début de fin du monde, si ?

Une canicule pas exceptionnelle…

Alors que l’astre solaire s’apprête à cogner sur le plat pays, chacun révise déjà ses trucs et astuces pour bien se rafraîchir et éviter les coups de chaud. De son côté, Bruxelles a déjà déclenché son Plan canicule afin de se tenir prête à venir en aide aux personnes les plus fragiles. « En cas de canicule, il faut boire beaucoup, de préférence de l’eau, s’exposer le moins possible au soleil et s’en protéger avec une crème solaire et aérer durant la nuit lorsque les températures sont plus fraîches », avertit – déjà ce vendredi – la cellule interrégionale de l’environnement (CELINE). Une situation qui en rappelle d’autres, survenues l’an passé, celui d’avant et celui d’encore avant. Alors pourquoi cette canicule de juin 2019 suscite-t-elle autant d’agitation ?

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Comme le rappelait la RTBF ce jeudi, « la configuration météorologique de la semaine prochaine ne sera pas exceptionnelle pour la saison ». Il s’agit d’une simple remontée d’airs chauds provenant du Sahara et des pays d’Afrique du Nord. Un pic de chaleur déjà vu le 27 juin 1947. Ce jour-là, la température maximale enregistrée à Uccle était de 38,8 degrés, soit la température la plus élevée enregistrée dans la station bruxelloise sur le siècle. « Par endroit, le mercure dépassait les 40°C mais ces valeurs ont probablement été engendrées par des conditions d’exposition particulières des thermomètres – comme c’est le cas en ville par exemple », ajoute-t-on.

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La canicule qui se prépare n’aura rien de « classique ». © Unsplah / Jaroslaw Kwoczala

… mais inquiétante

Du côté de l’Hexagone, certains parlent tout de même d’un phénomène « très prématuré pour la saison » et qui s’annonce « hyper intense ». Citée par Franceinfo, la chaîne Météo France souligne que « depuis 1947, seule la vague de chaleur du 18 au 28 juin 2005 avait été aussi précoce » et que « l’épisode attendu s’annonce bien plus intense ». Bien que le mois de juin 2017 ait été également très chaud, « les prévisionnistes craignent un phénomène équivalent à la canicule particulièrement meurtrière de 2003 », ajoute le média français. Car la canicule qui se prépare n’aura rien de « classique », explique La Chaîne Météo, en raison du taux particulièrement élevé d’humidité. « Quand l’air est humide, et surtout très humide, l’évaporation de la sueur du corps humain devient beaucoup plus difficile », explique un responsable du service prévisions. « Au lieu de s’évacuer par les pores de la peau, la sueur colle et ne permet pas à l’organisme de se refroidir par évaporation. La sensation de chaleur devient dès lors insupportable, surtout dans les grandes agglomérations où l’air circule peu ; et les lieux confinés comme les transports en commun. » Une raison supplémentaire pour prendre toutes les précautions nécessaires, pour soi, nos compagnons à quatre pattes… et même à plumes.

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