À Mexico, un « siège-pénis » dans le métro pour sensibiliser au harcèlement sexuel

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Depuis plusieurs jours, la capitale du Mexique a installé dans l’un de ses métros un siège un peu particulier où sur l’assise est reproduit les contours du corps d’un homme et de son pénis. Une façon de dénoncer le harcèlement sexuel dont sont quotidiennement victimes les femmes.

C’est une campagne de lutte inédite et qui a déjà été vue et partagée des dizaines de millions de fois sur les réseaux sociaux. Lancée par ONU Femmes (L’Entité des Nations unies), cette campagne a pour objectif de montrer « la normalisation de l’agression sexuelle et d’amener les hommes à expérimenter la même quotidienneté dans leurs trajets », peut-on lire dans un communiqué de l’organisation. Plus de 80% des femmes disent se sentir en insécurité dans les transports de Mexico et neuf femmes sur dix ont déjà été victimes de violences sexuelles.

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« Ce n’est pas très agréable de voyager comme ça, mais ce n’est rien comparé à la violence sexuelle que les femmes subissent dans leurs trajets quotidiens »,  indique un écriteau au bas du siège qui reproduit l’anatomie d’un homme. Pour accompagner cette campagne, un hashtag été lancé sur les réseaux sociaux #NoEsDeHombres pour « Ce n’est pas un truc d’hommes ».

Dans l’une des vidéos publiée sur YouTube, on y voit des hommes gênés, interloqués voire choqués, et on remarque que personne ne se risque à s’y asseoir. Sauf un homme par erreur, qui se relève aussitôt.

« Une pandémie mondiale »

Pour la deuxième phase de la campagne, ONU Femmes fera connaître les sanctions infligées en cas de harcèlement sexuel. « Le harcèlement sexuel et d’autres formes de violence sexuelle sont une pandémie mondiale encore peu visible. Souvent les hommes normalisent la violence qu’ils exercent, les femmes ne la dénoncent pas, et les campagnes sont insuffisantes pour la prévenir », ajoute l’agence de l’Organisation des Nations unies.

Au Mexique, les formes de violence sexuelle rapportées le plus souvent par les femmes sont des phrases offensantes ou des attouchements (les fameux « frottements »). En 2000, la ville de Mexico avait mis en place des wagons roses, exclusivement réservés aux femmes pendant les heures de pointe. Et l’été dernier déjà, des sifflets avient été distribués aux femmes pour leur permettre de signaler lorsqu’un homme a un geste déplacé.

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