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Le dalaï-lama vient de tenir des propos controversés sur les femmes et les réfugiés

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Le dalaï-lama en 2018. | © Boris Roessler/dpa

Société

À l’approche de son 84ème anniversaire, la BBC a rencontré le dalaï-lama, cette « superstar spirituelle », pour évoquer notamment le gouvernement chinois, Trump, les femmes et la crise migratoire en Europe. Mais certains de ses propos agacent.

Il est sans aucun doute l’une des personnes les plus connues de la planète. Qualifié de « leader de foi devenu superstar spirituelle » par la BBC, le dalaï-lama a récemment tenu des propos controversés lors de sa rencontre avec le média britannique à propos de divers sujets tels que le gouvernement chinois, le président américain Donald Trump, les migrations en Europe et les femmes. C’est probablement ce dernier qui a fait le plus de vagues dans la presse.

La journaliste a fait réagir l’homme vénéré qui aura 84 ans le 6 juillet prochain sur des propos qu’il avait tenu en 2015. Lors d’une interview à la BBC, il avait déclaré que, si une femme était le prochain dalaï-lama, elle devrait être « très attirante », sinon elle ne serait « pas très utile ». Des propos sexistes qui avaient déjà à l’époque suscite de vives réactions. Quatre ans plus tard, à la question de savoir s’il a compris pourquoi ses propos étaient offensants pour les femmes, le Tibétain n’excuse pas. À la place, il persiste et signe. « Si une femme venait [à me succéder], elle devrait être plus attirante [que moi] », insiste-t-il, avant de répéter : « Si une dalaï-lama parle comme ça… », dit-il en mimant une personne grabataire, « alors les gens, je pense, préfèrent ne pas voir ce visage ». Ses propos semblent en contradiction avec un homme qui prêche des messages de tolérance et de confiance. Mais pour celui qui se décrit comme un simple moine bouddhiste, les beautés extérieures et intérieures sont « toutes les deux » importantes. Le dalaï-lama a tout de même tenu à souligner qu’il soutenait les droits des femmes et l’égalité salariale.

Trump est « un peu trop compliqué »

En exil dans le nord de l’Inde, le dalaï-lama reste un puissant symbole de la résistance anti-autoritaire et du mouvement indépendantiste tibétain dans une région contrôlée par la Chine depuis 1951. Depuis de nombreuses années, il n’y a pas eu de discussions entre les représentants du Tibet et de la Chine. À la BBC, le chef spirituel tibétain a déclaré qu’il n’avait reçu aucune demande de la part du président chinois Xi Jinping. Ni de son homologue américain Donald Trump. S’il a entretenu de bonnes relations avec ses prédécesseurs Barack Obama et George W Bush, le dalaï-lama n’a pas rencontré ou reçu un appel du président des États-Unis, proche de la Chine. Il n’est pas tendre à l’égard de ce dernier, évoquant sa « mauvaise » devise « America First » (l’Amérique en premier). « L’Amérique devrait assumer la responsabilité mondiale », a-t-il avancé, ajoutant que Trump était « émotionnel » et « un peu trop compliqué ». « Un jour il dit quelque chose, un autre jour il dit quelque chose. Je pense qu’il y a un manque de principes moraux ». 

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Rendre l’Europe aux Européens ?

Le dalaï-lama a également réaffirmé ses propos surprenants (et dangereux) à l’égard de l’immigration. Lui-même réfugié, il avait déclaré l’an dernier que l’Europe appartenait aux Européens, suggérant aux réfugiés de retourner dans leur pays. Un message controversé qu’il réitère au micro de la BBC, précisant que « les pays européens devraient prendre ces réfugiés et leur donner une éducation et une formation ». Il conseille ensuite aux réfugiés de « retourner sur leurs propres terres avec certaines compétences » pour reconstruire les pays qu’ils ont fui. Et si, parmi les plus de 70 millions de déplacés à travers le monde selon les derniers chiffres, des gens voulaient rester ? « Un nombre limité est correct, mais [pour que] toute [l’Europe] finisse par devenir [un] pays musulman ? Impossible. Ou [un] pays africain ? Également impossible », a-t-il lancé en rigolant. Un point de vue controversé qui devrait faire grincer des dents. Ou pire, donner des arguments aux racistes.

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