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Et si les influenceurs utilisaient leur notoriété pour la bonne cause ?

Vanessa Licata alias the Wild Girl Blog, avec Toby, chien à l'adoption au refuge anderlechtois de Veeweyde. | © Facebook/SRPA Veeweyde

Société

Entre les montres, le maquillage, et même les armes à feu, il existe heureusement des influenceurs qui profitent de leur notoriété pour promouvoir quelque chose de juste. Exemple en Belgique.

Entre les marques et les influenceurs, c’est une relation qui dure depuis plusieurs années. Afin de vendre davantage de produits ou de services, ces entreprises collaborent avec des « stars » des réseaux sociaux dans l’espoir de tirer profit de leur communauté de followers. Mais après de multiples scandales, dont l’arnaque du siècle, le Fyre Festival, une crise de confiance traverserait les agences. Serait-ce la fin d’une idylle si rentable ?

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Certaines marques sont déjà passées à l’acte, à l’image de Unilever, deuxième annonceur mondial, qui a décidé en 2018 de ne plus collaborer avec des influenceurs. D’autres ont choisi de miser plutôt sur des ambassadrices virtuelles, le nouvel eldorado de la stratégie d’influence. Mais la majorité des marques maintiennent leur partenariat avec ces célébrités 2.0. Sur Instagram, les publications sponsorisées pullulent toujours. Entre les dernières montres en vogue, le tapis de yoga que tout le monde s’arrache et la crème de jour censée faire des miracles, tous les secteurs succombent à l’efficacité des influenceurs. Même l’armement.

Cocktail Molotov

Après les influenceuses payées pour l’industrie du tabac, voici les « gun-influencers ». Fusils, armes de poings et mitraillettes… ces jeunes femmes posent avec des armes de guerre dans la nature, dans des hélicoptères, en tenue militaire ou en sous-vêtements.

Selon Kyle Clouse, responsable marketing de Liberty Safe, spécialisée dans la vente de coffre-forts pour armes à feu, interrogé par Vox, ces influenceuses sont « des poules aux œufs d’or ». Si elles sont tant précieuses aux yeux des fabricants d’armes, c’est parce qu’elles seules sont capables de contourner les restrictions qui leur sont imposées sur les réseaux sociaux. En effet, Instagram (qui appartient à Facebook) interdit de faire la publicité d’armes à feu ou de répliques, de munitions, d’explosifs ou d’armes blanches.

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Détox

Dans une autre catégorie, adressée presque exclusivement aux femmes, on trouve la mode du thé détox, avec sa promesse d’un ventre plat. Même les célébrités telles que Cardi B et les sœurs Kardashian s’y sont mises. Ou, du moins, font croire qu’elles en sont des grandes adeptes. Elles ne touchent certainement pas à ces produits qui seraient réalité de vulgaires laxatifs, simplement dotés d’un beau package. On serait bien loin de la potion magique censée donner de l’énergie tout en brûlant des graisses.

Pire encore : Amber Rose a fait récemment la promotion d’un de ces fameux thé détox. Celui-ci aurait la particularité d’être destiné aux femmes enceintes pour les soulager pendant « les jours de ballonnements, de nausées, de sensations désagréables », dit-elle à ses 18 millions d’abonnés. L’utilisation d’un tel produit durant la grossesse est bien sûr déconseillé. Ce qui ne semble pas déranger l’ex-femme de Wiz Khalifa, actuellement enceinte son deuxième enfant.

Sur Instagram, les publications mettant en valeur des corps minces comme la perfection absolue sont innombrables. Si de plus en plus de comptes apparaissent depuis quelques années pour contrer cette superficialité, le réseau social reste un outil qui complexe les femmes et les jeunes filles. Avec les « gun-influencers », il devient même dangereux pour la sécurité.

Pour la bonne cause

Dans cette masse de posts sponsorisés, certains influenceurs profitent heureusement de leur notoriété pour la bonne cause. En Belgique, par exemple, ils étaient quelques-uns à poser auprès des chiens et des chats du Refuge bruxellois de Veeweyde afin de promouvoir l’adoption et de sensibiliser à l’abandon d’animaux domestiques, malheureusement encore trop fréquent en période de vacances. L’initiative a porté ses fruits : quatre chiens ont été adoptés en l’espace de quelques jours.

Vu le désamour grandissant des followers face au matraquage de publications qui sponsorisent du vent, d’autres influenceurs feraient bien suivre leur exemple.

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