Paris Match Belgique

Après la polémique du « drapeau suprémaciste », Nike retire sa Air Max 1

nike polémique

Image d'illustration. | © Unplash / Hermes Rivera

Société

Frappée d’un drapeau aujourd’hui récupéré par certains suprémacistes blancs, la Air Max 1 Quick Strike Fourth of July de Nike a été retirée de la vente.

L’équipementier sportif américain Nike a retiré du marché un modèle de chaussures arborant une ancienne version du drapeau des États-Unis après des protestations, notamment de la part du joueur de football américain Colin Kaepernick, soulignant qu’elle était associée à l’époque de l’esclavage. En prévision de la fête nationale du 4 juillet, Nike avait présenté une nouvelle version de son classique du streetwear, la Air Max 1. Ce nouveau modèle, la Air Max 1 « USA », était frappé sur le talon du drapeau américain de l’époque de la Révolution, avec un cercle de treize étoiles blanches.

« Nike a pris la décision de ne pas mettre en vente l’Air Max 1 Quick Strike Fourth of July à cause d’inquiétudes selon lesquelles cela pourrait involontairement offenser et détourner l’attention » des célébrations du 4 juillet, a déclaré l’équipementier dans un communiqué.

Colin Kaepernick, ancien joueur de la Ligue nationale de football américain (NFL) était devenu en 2016 la figure de proue d’un mouvement de protestation contre les violences policières visant les Noirs, en posant un genou à terre pendant l’hymne américain joué avant les rencontres. Le président américain Donald Trump était parti en guerre à l’automne 2017 contre Kaepernick et son mouvement qui gagnait d’autres sports.

Lire aussi > Nike et Colin Kaepernick font l’Histoire avec leur nouveau spot publicitaire

Nike avait fait sensation et suscité la controverse en 2018 en faisant du joueur la tête d’affiche d’une campagne de publicité qui a reçu un énorme écho. Cette prise de position de la marque à la virgule lui avait attiré les foudres des conservateurs américains, qui accusent Kaepernick de ne pas être patriote et ont encore exprimé mardi leur colère.

Un emblème récupéré depuis peu par des suprémacistes blancs

« Je possède beaucoup de Nike, j’ai été un client toute ma vie, depuis mon enfance. Mais ils ont maintenant décidé que leurs chaussures afficheraient un mépris mesquin pour le drapeau américain », a tweeté le sénateur républicain du Texas Ted Cruz. « Je n’en achèterai plus. Est-ce que quelqu’un connaît une marque de baskets qui ne serait pas ‘woke’? », terme américain désignant la prise de conscience progressiste, a-t-il ajouté.

Pour Kaepernick, le dessin du drapeau connu sous le nom de « Betsy Ross » évoque l’époque de l’esclavage, qui était toujours légal aux États-Unis après l’indépendance de 1776. Des groupes suprémacistes blancs hostiles à la diversité se sont récemment appropriés cet emblème, explique le Wall Street Journal. Nike, qui avait envoyé ses chaussures aux détaillants, a demandé qu’elles lui soient retournées et a retiré le design de son site web, ajoute le quotidien. Le prix des quelques paires disponibles sur le site d’un revendeur a grimpé à 2 000 dollars après la publication de l’article.

Lire aussi > Le mannequin plus-size de Nike, la nouvelle victime des grossophobes

Kaepernick, qui avait conduit en février 2014 son équipe au Super Bowl, la grande finale de la NFL, n’a pas retrouvé d’équipe à l’expiration de son contrat avec les San Francisco 49ers en mars 2017. En février, il est parvenu à un accord avec la NFL, qu’il poursuivait en justice en l’accusant d’entente pour l’empêcher de poursuivre sa carrière. Son ancien coéquipier Eric Reid, qui l’avait rejoint dans son combat, avait pour sa part déjà fait son retour sur le terrain en fin de la saison précédente sous le maillot des Carolina Panthers.

CIM Internet