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Aux USA, des parents paient des coachs pour éloigner leurs enfants des écrans

Certains parents américains se trouvent bien démunis face à leurs enfants non-stop devant des écrans... | © Belga

Société

La demande a créé l’offre au pays de l’oncle Sam… Un phénomène en expansion qui touchera bientôt l’Europe également ?

 

Par L.Dp

Si vous avez des jeunes enfants ou des amis qui sont parents de jeunes enfants, vous entendrez très souvent la réflexion suivante. « A l’école, cela va bien. Mais qu’est-ce qu’il (ou elle) passe comme temps devant son écran…. »  Cela avec un soupçon de dépit, de renoncement voir d’inhibition dans la voix. Il faut dire que le moindre « moment sans rien au programme » est sujet à se ruer sur son smartphone, sa tablette ou la smart tv. Quand ils n’ont pas en permanence ces ‘outils’ tout simplement greffé au bout d’eux-mêmes.

Une gestion qui est loin d’être anodine pour les parents et les familles. Cela peut amener de la tension et de l’incompréhension dans le cocon. Réseaux sociaux, jeux, messagerie instantanée… Il y a tellement de paramètres à contrôler et de craintes par rapport à de possibles effets sur le jeunesse actuelle comme l’addiction ou encore certains retards de développement… Des peurs qui n’ont, il faut le souligner, pas encore été corroborées par des études dignes de ce nom.

D’une génération à une autre

Aux Etats-Unis pourtant, des parents en détresse et en besoin de solutions ou d’idées simples pour gérer ce temps mis à disposition des écrans se font aider par des coachs dont le principal job est d’éloigner ces enfants des écrans. Le challenge est plutôt tendu. Apprendre à des gamins issus de la génération Z à grandir comme au temps de leurs aînés des générations X et Y (pour certains) sans technologies ? Dans le New York Times, on peut y lire qu’une ancienne professeur s’est ainsi reconvertie  «consultante en temps d’écran». Et il y a de la demande…

Il ressort aussi de l’article que les coachs tentent avant tout de faire appel aux souvenirs des parents. « A quoi passiez-vous votre temps enfant ? Vous avez un ballon chez vous ? Tapez dedans ! Possédez-vous un vieux morceau de tissu qui pourrait faire office de cape ? Parfait ! ». Une autre coach propose aux enfants de jouer avec… des blocs en bois dans une salle de jeux. Basique les conseils ? Plutôt… Mais toujours selon le quotidien américain, une coach interrogée demande quelques 80 dollars pour une mission dans des entités rurales et jusqu’à 250 dollars en ville pour une moyenne de huit à dix sessions.

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Et le noeud du problème selon les coaches se trouverait là pour les parents : une incapacité, vu leur propre cadence d’utilisation de leur téléphone et autres, à se souvenir de la manière dont ils ont grandi. Les clients viennent trouver ces coaches car ils ne savent pas quoi faire de tout un après-midi avec leurs enfants…

Les parents doivent pouvoir regarder dans le miroir et détecter ce qui les empêche d’établir certaines règles ou de permettre aux enfants de mieux gérer ce temps mis à disposition des écrans. Comment faire passer une règle, comme l’absence de téléphone à table, lorsque papa ou maman consulte son smartphone sous la table ?

La peur du numérique, exagérée ou bien réelle, a créé une demande en coaching. Mais, au travers de l’article du NY Times, il apparaît qu’avec bien peu de chose finalement, il est possible de retrouver un équilibre entre avant et maintenant. Sans besoin de passer par une pluie de dollars. Un peu d’attention tout simplement ? C’est déjà un début…

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