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La science sait enfin pourquoi le cannabis vous rend joyeux (et votre voisin parano)

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Image d'illustration. | © Unsplash / Gras Grun

Société

Une nouvelle étude scientifique explique davantage pourquoi la marijuana provoque des effets si opposés chez les individus.

Dans la vie, le monde est divisé en deux catégories : ceux qui jouissent volontiers des plaisirs de la fumette… et ceux qui n’y arrivent pas. Car si la plupart consomme le cannabis pour ses effets euphorisants, d’autres n’en retirent que de terribles souvenirs.

Stress, plaisir, angoisse, détente… ; la liste des effets du cannabis sur le cerveau est aussi longue que variée. Et auprès des scientifiques, la question persiste : pourquoi la marijuana fait-elle subir à l’un une expérience joyeuse et à l’autre un délire paranoïaque ?

Cerveaux sensibles

Relayée par le Huffpost ce jeudi, une étude réalisée début juillet par les chercheurs de l’Université de Western en Ontario, au Canada, affirme avoir trouvé la réponse. En étudiant les « effets psychologiques divergents » produits par le tétrahydrocannabinol (THC), les scientifiques sont parvenus à expliquer pourquoi la drogue douce provoque des effets si opposés chez les individus.

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En menant leur expérience sur des rats, les chercheurs ont réalisé que les réactions psychologiques liées à la consommation de cannabis dépendaient de la partie du cerveau la plus sensible au THC. Publiée dans la revue Scientific Reports, l’étude montre que si le cannabinoïde touche plus spécifiquement la partie avant du cerveau, la dopamine circulant dans cette partie du cerveau procurera un effet planant. À l’inverse, si c’est l’arrière du cerveau qui est plus sensible au THC, les effets du cannabis seront bien moins agréables. Au menu : anxiété et paranoïa.

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« On ne sait pas trop pourquoi il y a de telles différences dans la réponse au THC », explique l’un des auteurs principaux de l’étude, le professeur Steven R. Laviolette. « Nous en savons beaucoup sur les effets de la plante à court et à long terme, mais nous savons très peu de choses sur les zones spécifiques du cerveau responsables du contrôle indépendant de ces effets. » Comme le rappelle le scientifique, c’est la première fois qu’une étude parvient à expliquer les « mécanismes » à l’origine des effets divergents du THC. Une « toute nouvelle découverte », s’enthousiaste le chercheur, qui se démarque des précédentes tentatives d’explication des différentes réactions psychologiques à la marijuana. En 2014, un étude d’Oxford suggérait que la faible estime de soi pouvait également jouer un rôle dans le fait que certains ne « tiennent pas » le cannabis. Mais Laviolette et son équipe de scientifiques restent persuadés qu’il s’agit davantage d’une question neurologique, voire génétique… Si ça peut rassurer certains ?

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