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« Tu enfanteras dans la douleur » : Le docu bouleversant sur les violences obstétricales

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L'accouchement n'est pas toujours aussi joli. | © Patricia Prudente/Unsplash

Société

Ce soir, sur Arte, des femmes témoignent des violences subies lors de leur accouchement, sous l’œil avisé de la réalisatrice Ovidie.

 

« J’essaye de me débattre, j’essaye de me relever, je lui dis qu’elle me fait mal, je lui demande d’arrêter plusieurs fois (…) et c’est là que je sens comme des coups de rasoir. Elle était en train de faire l’épisiotomie »« Il a tout suturé à vif, ç’a duré quarante-cinq minutes », « J’ai mis des mois à m’en remettre. Je ne pouvais plus dormir sans me retrouver dans cette pièce, attachée, avec des gens autour de moi avec un scalpel ». Ces phrases, elles ne proviennent pas d’un film d’horreur mais sont les témoignages de femmes qui racontent les violences qu’elles ont subies pendant leur accouchement. Elles confient leur histoire à Ovidie, réalisatrice féministe déjà derrière À quoi rêvent les jeunes filles ? ou Là où les putains n’existent pas sur les conséquences de la politique antiprostitution de la Suède, notamment. Cette ancienne actrice pornographique a décidé il y a plusieurs années de passer derrière la caméra et de mener un combat autour de la sexualité et des femmes. Cette fois, elle nous livre Tu enfanteras dans la douleur, un documentaire poignant sur les violences obstétricales. À voir ce soir sur Arte et disponible sur leur site internet.

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« On entend par violence obstétricale tout comportement ou acte commis par le personnel de santé qui n’est pas justifié médicalement ou effectué sans le consentement de la parturiente », explique Ovidie dans le documentaire. Épisiotomie non consentie, césarienne à vif, infantilisation, remarques sexistes, la liste est longue et glaçante. « Ces violences bafouent une notion fondamentale : le consentement des femmes. Nombre d’entre elles assimilent alors ce qu’elles ont vécu à un viol« , souligne Arte

En Europe, des voix s’élèvent peu à peu afin de rendre ces pratiques publiques. En témoignant, les femmes espèrent ainsi faire changer les choses. En France, Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes avait jeté un pavé dans la mare en évoquant le phénomène publiquement et en commandant un rapport sur les violences obstétricales qui a été remis il y a un an. Elle-même a été victime de violences lors de son accouchement. Elle en témoigne devant la caméra d’Ovidie : « J’ai eu un déclenchement. On ne m’a pas prévenue qu’en me déclenchant. Mais on m’a oubliée dans une pièce pendant plusieurs heures. Quand on est revenu, la tête était en train de sortir ».

Ces violences bafouent une notion fondamentale : le consentement des femmes.

Dans son documentaire, la réalisatrice donne la voix à tous les acteurs concernés par ces violences : des victimes, qui témoignent de leur expérience face caméra, des militantes qui peinent à se faire recevoir, des experts, des sages-femmes ainsi que des gynécologues, notamment le docteur Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Il lui parle du manque de moyens financiers, de la pression subie par le corps médical qui doit faire preuve d’efficacité et de la difficulté pour les gynécologues et obstétricien.ne.s d’être dépeints comme des monstres. Il est presque le seul à avoir accepté de lui parler, les autres ont été « odieux », comme elle le confie à Slate.

Dans son enquête, la réalisatrice analyse l’histoire, afin de comprendre d’où peut venir la violence et elle évoque la naissance à domicile comme modèle alternatif.

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