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Roméo Elvis s’explique pour ses propos jugés homophobes : « Ce truc me pèse depuis trop longtemps »

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Image d'illustration. | © LE PARISIEN / Frédéric Dugit.

Société

Le rappeur a tenu à mettre les choses au clair après les polémiques.

Alors qu’il a clôt le festival de Dour de la plus belle des manières ce dimanche, le rappeur a tenu à revenir, via son compte Instagram, sur une polémique qui le poursuit depuis un moment. Petit retour en arrière, jusqu’en février 2018 plus précisément. Alors en pleine promo pour son album Morale 2luxe, Roméo Elvis offrait aux auditeurs de la radio Skyrock, lors de l’émission « Planète Rap », un freestyle en compagnie de ses potes de l’Or du Commun. Plusieurs mois plus tard, au début du mois de décembre plus exactement, un passage de l’émission refait surface sur les réseaux sociaux et retient alors l’attention des internautes. On y entend le rappeur répéter à plusieurs reprises les mots « pédé » et « négro ». Il n’en fallait pas plus pour que les critiques fusent et qu’un débat se soulève, notamment sur Twitter.

Tu t’es arrêté sur le pédé ? Tu aimerais que je dise homo ? Pourtant j’ai entendu des pédés appeler des pédés avec le mot pédé sans que cela offense les gens qui n’écoutent pas. Le truc c’est qu’on est tous trop stressés. C’est comme pour le truc avec négro, alors que j’ai des amis négro et pédé. Ils aiment qu’on les appelle comme ça parce qu’on s’en bat les couilles de ce genre de choses.

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Le calme avant une nouvele tempête

Hors contexte, oui on aurait pu être choqué par les mots choisis. Sauf qu’à la lecture du passage entier – notamment « parce qu’on s’en bat les couilles de ce genre de choses », comme nous le dit Roméo -, on ne voit pas vraiment où est le problème. Dans le langage rap et hip-hop, il est de coutume d’utiliser des mots qui choquent pour exprimer une idée. Et l’idée, en l’ocurrence, est bien de dire que notre société prend tout avec trop de pincettes et qu’on soit gay, de couleur, blanc ou même mauve, il faudrait peut-être qu’on apprenne à relâcher la pression quant aux mots qu’on utilise.

Je suis l’ennemi du racisme, de l’homophobie et de l’intolérance comme toute personne censée sur cette foutue planète.

La polémique a fusé, les gros titres en ont fait leur choux gras, et puis plus rien, Roméo Elvis décidant avec son management (comme il l’explique dans son post Instagram) de garder le silence et de laisser le feu s’éteindre peu à peu. Mais visiblement, le rappeur a été marqué par ces critiques (toute personne qui suit ce qu’il fait ne serait-ce qu’un peu sait très bien qu’il n’est ni homophobe ni raciste) et on peut facilement le comprendre. En tentant de se justifier sur les réseaux sociaux, de manière peut-être un peu confuse, les braises qui restaient se sont ravivées. Après avoir quitté Twitter début juin – il laisse néanmoins son management s’occuper de la promo sur le compte – suite au déferlement de haine le poursuivant, le jeune homme de 27 ans a laissé ses émotions s’exprimer sur scène, lors de sa performance au festival Garorock, en France le 30 juin dernier.

Une prise de conscience

« J’me suis fait niquer la gueule pour une phrase mal prononcée, alors que j’en ai rien à branler, je suis là devant vous je suis content », s’est-il défendu dans un message assez positif, tenant à souligner la tyrannie des réseaux en parlant des statuts de « pédé » postés sur ceux-ci, faisant référence aux haters. Et encore une fois, au lieu de n’y voir qu’un mot, la twittosphère et les médias se sont offusqués des déclarations jugées « maladroites » ou carrément « choquantes » du rappeur.

J’écris pas ce texte pour me justifier.

 

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Suite a ces différents épisodes, notre Roméo national a tenu à remettre les points sur les « i » ce jeudi dans un message sincère et transparent sur son compte Instagram. Regrettant que le message qui était censé passer sur Skyrock était « à l’opposé de son intention » et expliquant « vivre vraiment mal » cette situation, il assure qu’il ne le referait plus. « J’écris pas ce texte pour me justifier, je sais aujourd’hui que c’était pas la bonne chose à faire et j’ai juste envie qu’on le sache », exprimant une prise de conscience quant à la portée de sa voix, qui « pèse aujourd’hui », et assurant vouloir diffuser un « message positif ». Il termine par un « Je suis l’ennemi du racisme, de l’homophobie et de l’intolérance comme toute personne censée sur cette foutue planète ».

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Bien que l’on comprenne les raisons qui ont poussé Roméo Elvis à publier ce message, hyper positif et plein d’honnêteté, on ne peut que regretter toute cette saga et revenir à son origine et la phrase « parce qu’on s’en bat les couilles de ce genre de choses ». Parce que c’est bien ça le problème en fin de compte : à force de tout prendre au premier degré, à créer des polémiques à tout-va, les réseaux et la sphère médiatique nous entraînent dans un tourbillon de plus en plus lisse et un peu dur à digérer. Et si, comme le sage Kevin De Bruyne le disait, on apprenait un peu « à s’en battre les couilles » parfois ?

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