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Hong Kong : Des milices proches du gouvernement ont semé la terreur après la géante manifestation pacifiste

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Dimanche, pour le septième week-end d'affilée, les manifestants anti-gouvernement ont défilé pacifiquement dans les rues. | © Laurel CHOR / AFP.

Société

Les agresseurs, tous vêtus de t-shirts blancs et armés de bâtons et matraques, sont suspectés d’appartenir aux triades chinoises, la surpuissante mafia complice du gouvernement.

La colère gronde ce lundi à Hong Kong. Au lendemain d’attaques brutales contre les manifestants prodémocratie, qui étaient 430 000 à protester de manière pacifique contre la mainmise chinoise sur l’ancienne colonie britannique, des vidéos montrant de véritables milices extrêmement violentes circulent sur Twitter. Suspectés d’appartenir aux triades chinoises, l’influente mafia proche du gouvernement, les agresseurs, habillés de t-shirts blancs, masques et matraques, s’en sont pris violemment, et arbitrairement, aux hongkongais qui rentraient chez eux après cette manifestation monstre.

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Sur les images des attaques commises à Yuen Long, dans le nord de Hong Kong et diffusées en direct sur Facebook, on pouvait voir des gens en train de hurler tandis que les agresseurs passaient à tabac manifestants et journalistes dans une station de métro et dans les rames elles-mêmes. On pouvait voir au sol des flaques de sang.


D’après les autorités hospitalières, 45 personnes ont été blessées lors de ces attaques. Un homme est dans un état critique et cinq autres personnes sont dans un état grave.

La police pointée du doigt

De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer la police de l’ex-colonie britannique revenue en 1997 dans le giron chinois, accusant les forces de l’ordre d’avoir mis plus d’une heure pour arriver sur les lieux, malgré les appels à l’aide répétés des personnes attaquées. La police est également dénoncée pour n’avoir procédé à aucune arrestation alors que les agresseurs sont restés dans les rues autour de la station de métro de Yuen Long jusqu’aux petites heures du matin.


Des images ont montré également des hommes portant des t-shirts blancs en train de quitter les lieux à bord de véhicules arborant des plaques d’immatriculation chinoises. Lam Cheuk-ting, un député démocrate, figure parmi les blessés, avec des lacérations au visage et aux bras. Il a critiqué la réaction de la police et mis en cause « les triades ».


Hong Kong est le théâtre depuis le 9 juin de gigantesques manifestations pacifistes contre le gouvernement local pro-Pékin, marquées de façon sporadique par des affrontements violents avec la police. Le mouvement est parti du rejet d’un projet de loi sur les extraditions vers la Chine continentale. Le texte est désormais suspendu, mais la contestation s’est élargie à des exigences plus vastes sur la préservation des acquis démocratiques et des libertés menacés par le voisin chinois.

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Dimanche, pour le septième week-end d’affilée, les manifestants anti-gouvernement ont défilé pacifiquement dans les rues. Les protestataires exigent la démission de la cheffe de l’exécutif local, Carrie Lam, que Pékin soutient de tout son poids. Mais aussi le retrait pur et simple du texte sur les extraditions, une enquête indépendante sur les violences policières supposées et l’amnistie des personnes arrêtées. Ils appellent aussi à l’élection au suffrage universel du chef de gouvernement.

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