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Après les aliens de la zone 51, les complotistes veulent trouver le monstre du Loch Ness

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Le Loch Ness, en Écosse. | © Unsplash/Roan Lavery

Société

C’est au tour du monstre du Loch Ness d’être la source de toutes les convoitises. 

Inspirés par le (faux) plan visant à prendre d’assaut la zone 51, potentiellement envahie par des extraterrestres, des internautes se lancent à la conquête d’un autre mystère : le monstre du Loch Ness, en Écosse. Organisé le 21 septembre prochain, le lendemain du « raid » de la base militaire américaine, un événement Facebook propose de trouver Nessie, ce « big boi ». Plus de 23 000 personnes ont déjà répondu présent. Ce qui inquiète les autorités écossaises. Interrogé par le Huffington Post, une porte-parole de l’Institution royale nationale des bateaux de sauvetage (RNLI) a expliqué que les ressources de l’institution caritative dans la région ne pourraient pas assurer la sécurité de ce nombre de personnes. « Même si on comprend que l’idée d’envahir le Loch Ness puisse être drôle, en parallèle à l’invasion de la Zone 51, le risque de toutes ces personnes descendant dans une surface d’eau aussi grande, profonde et froide ne doit pas être sous-estimé », a-t-elle rappelé, ajoutant qu’elle ne découragerait jamais personne à visiter « ce magnifique bout d’Écosse ». Mais dans ce cas-ci, elle recommande « fortement aux organisateurs de l’événement de reconsidérer leur démarche, pour des raisons de sécurité », poursuit-elle, avertissant sur le risque d’hydrocution dans un lac dont la température est en moyenne de 6 degrés. « Et de laisser Nessie en paix. »

Partir à la chasse au monstre du Loch Ness n’a rien de nouveau. La légendaire créature supposée vivre, ou avoir vécu, dans ce lac des Highlands écossais suscite la curiosité depuis des siècles. Depuis le début des années 1930, lorsque ce mystère est devenu mondial après la parution d’un article dans le journal local the Inverness Courier, de nombreux touristes se rendent sur les eaux du Loch afin d’apercevoir son long cou et de capturer la scène. En 2018, une étude révélait que le monstre rapportait pas mal d’argent à l’économie écossaise : plus de 41 millions de livres chaque année, soit plus de 49,3 millions d’euros.

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La Zone 51 et ses aliens

Aussi mystérieux soit-il, le monstre du Loch Ness a moins cet aspect « top secret » que la zone 51. Placée sous très haute sécurité, cette base militaire située dans le Nevada aux États-Unis nourrit les fantasmes des complotistes depuis de nombreuses années. Tout commence en 1947 lorsque survient un crash aérien dans la ville de Roswell. Selon les militaires, il s’agit seulement d’un ballon-sonde testé par l’armée afin de surveiller les soviétiques. Pour certains témoins, une soucoupe volante. Depuis, alimentées par la pop-culture, les rumeurs se concentrent sur la Zone 51, une base militaire occupée depuis 1955, mais dont la CIA a nié l’existence jusqu’en 2013. Le lieu attise alors toutes sortes de croyances ou de suppositions. Pour beaucoup, c’est certain : les aliens et les débris de leur soucoupe ont été transportés là-bas pour être étudiés.

Le gouvernement américain entretient le mythe autour de cette zone militaire, se refusant à tout commentaire quant à ce qu’il s’y trouve ou ce qu’il s’y passe. Ce manque de transparence a poussé un internaute à créer l’événement Facebook « Storm Area 51, They can’t stop all of us », pour rassembler les intéressés et prendre d’assaut la Zone 51. Organisé le 20 septembre, il rassemble déjà près de 2 millions de personnes.

Si l’événement est avant tout une blague, lancée pour des memes, certains chasseurs d’ovnis prennent certainement cet appel au sérieux. À leurs risques et périls. Face à l’engouement du rendez-vous, la porte-parole de l’US Air Force les a mis en garde : « la Zone 51 est un terrain d’entraînement de l’US Air Force et nous décourageons quiconque d’essayer de pénétrer dans la zone où nous entraî­nons les forces armées améri­caines. L’ar­mée de l’air se tient toujours prête à proté­ger l’Amé­rique et ses avoirs ». Voilà qui devrait en décourager plus d’un.

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