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Défouloirs racistes : Aux États-Unis, des poupées noires créent la polémique

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Jugées racistes, les poupées ont été retirées de la vente. | © Capture d'écran Twitter

Société

Des poupées noires censées être maltraitées et jetées contre un mur quand « ça ne va pas » ont été retirées des magasins du New Jersey, aux États-Unis, après que les jouets ont été jugés racistes.

Ceci n’est pas une blague. En 2019, une entreprise ne voit aucun mal à commercialiser des poupées noires avec, pour instruction inscrite sur son torse, de « battre » le jouet et de l' »écraser contre un mur » en tenant fermement ses jambes. Plus de 1 000 poupées étaient à vendre dans les magasins One Dollar Zone du New Jersey, aux États-Unis, selon Newsweek, jusqu’à ce que des législateurs locaux interviennent.

Avec des dreadlocks aux couleurs de la Jamaïque et un grand sourire blanc, ces poupées « Feel Better » (« Se sentir mieux ») ont choqué de nombreux clients, se demandant comment un tel jouet pour enfants était arrivé sur les étagères du magasin. Sur son torse, ils pouvaient lire des instructions perturbantes. « Lorsque ça ne va pas et que vous voulez frapper le mur et crier, voici une poupée ‘feel better’ dont vous ne pourrez vous en passer. Attrapez-la fermement par ses jambes et trouvez un mur pour écraser la poupée. Tout en la battant, n’oubliez pas de créer ‘Je me sens bien, je me sens bien' ». 

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Le 22 juillet dernier, Angela McKnight, de l’Assemblée générale du New Jersey, s’est rendu dans un des magasins concernés, à Bayonne, et a trouvé le jouet « offensant et dérangeant à tant de niveaux », indique CNN« Il s’agit clairement d’une représentation inappropriée d’une personne noire qui incite les gens à l »écraser’ et à la ‘frapper' », a déclaré la Démocrate lundi dernier. « Le racisme n’a pas sa place dans le monde et je ne le tolérerai pas, surtout pas dans ce quartier. Quand j’ai vu la poupée en personne, je me suis effondrée et j’ai été vraiment découragée par la pensée d’un enfant noir battu par un autre enfant ou un adulte par pur plaisir. Avoir un produit représentant ou enseignant aux enfants qu’il est acceptable de frapper un autre enfant, quelle que soit sa race, afin de se sentir bien, c’est malsain ».

Après avoir demandé le retrait des poupées controversées, Angela McKnight a rapidement alerté le maire de Bayonne Jimmy Davis. Sur Facebook, ce dernier dit avoir été choqué de voir un produit si « insensible », que l’on peut facilement « considéré comme raciste ». « Nous ne tolérerons aucun symbole de haine et de division au sein de notre communauté », a-t-il lancé, précisant que le manager du magasin s’est excusé et a rapidement enlevé les poupées, « sans hésitation ». 

It was recently brought to my attention that a doll was being sold at a Dollar Store in Bayonne that can certainly be…

Publiée par Mayor Jimmy Davis sur Lundi 22 juillet 2019

Le président de One Dollar Zone Ricky Shah a assuré que les poupées ont immédiatement été retirées des étagères de ses magasins, après les remarques de plusieurs clients. « One Dollar Zone s’excuse profondément pour cet incident », a-t-il déclaré à CNN, soulignant que les jouets existaient dans deux autres couleurs, jaune et vert. Fabriqués par Harvey Hutter & Company, Inc, ils faisaient partie d’une commande d’environ 35 000 produits. « Cela a en quelque sorte glissé à travers les mailles du filet », a confié le président de la chaîne de magasins, avant d’ajouter que le fabricant n’existait plus.

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