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Reed Hastings : avec Netflix, il a réinventé la télévision

Wilmot Reed Hastings est le directeur de Netflix et membre du conseil d'administration de Facebook. | © Belga

Société

Avec Netflix et ses séries, le milliardaire Wilmot Reed Hastings se sert d’Internet et forge une success story capitaliste.

L’homme de nos nuits blanches, le serial killer de la télé de grand-papa, quand on ne choisissait ni son programme, ni ses horaires, ni ses pubs, est un survivant. Comme les héros de séries qu’il affectionne. Wilmot Reed Hastings Jr., ingénieur diplômé de Stanford en intelligence artificielle et science informatique, règne sur un empire mondial, avec une fortune personnelle de presque 2 milliards de dollars. Sujet tabou, en ce qui le concerne. Très mince, la voix douce et basse, en uniforme – jeans et tee-shirt – de la Silicon Valley, le regard bleu perçant et un bouc grisonnant, il maîtrise l’art de l’esquive.

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Toute question précise sur son entreprise se voit opposer une aimable dérobade. Mais les données financières officielles, disponibles depuis l’introduction en Bourse du groupe en 2002, n’en dessinent pas moins les contours d’un géant. Une croissance faramineuse qui a pourtant failli s’interrompre plusieurs fois, comme l’exige… un bon scénario.

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Reed Hastings, à Bruxelles, lors de l’arrivée de Netflix en Belgique, en septembre 2014.

Première start-up à 31 ans

Saison 1 : un matheux chez les marines. Diplôme de maths du Bowdoin College en poche, ce fils d’un avocat de Boston s’engage dans le corps d’élite de l’armée US. Erreur d’orientation ? Par passion pour l’éducation, il part enseigner les maths pendant trois ans au Swaziland, dans le cadre du Peace Corps, une organisation fédérale d’aide aux pays en développement. Mais l’ancien soldat garde une arme fatale : il sait s’adapter aux bouleversements technologiques. Retour au pays et inscription à Stanford. D’abord salarié, mais entrepreneur dans l’âme, il crée, à 31 ans, sa première start-up, Pure Software, spécialisée dans la réparation des bugs de logiciels. « J’y ai fait plein d’erreurs », racontera-t-il plus tard. Il jure de s’améliorer.

J’étais un mauvais manager.

Un pari sur une nouvelle technologie : le streaming

Saison 2. Millionnaire à 37 ans. Il pose, « comme une caricature de nouveau riche », sur le capot de sa Porsche. Pure Software vendue, sa part s’élève à 75 millions de dollars. Marié à Patty et père de deux enfants, le serial entrepreneur, qui trompe son ennui entre le canoë et l’escalade, cherche une idée. Le hasard lui en inspire une. Cinéphile, il loue des DVD sans toujours penser à les rendre à temps. Une amende de 40 dollars pour retard de restitution le met hors de lui : « Je trouvais ça tellement stupide que je n’osais pas le dire à ma femme », se souvient Reed Hastings. Eurêka : il se lance, en 1997, dans l’expédition de DVD par courrier, pour une durée illimitée, sur abonnement. Les enveloppes rouges frappées du logo Netflix séduisent de la Floride au Wisconsin. Mais le développement est lent. Avant de s’arrêter net : l’explosion de la bulle Internet, en 2001, met la société à terre. Reed Hastings et son associé de l’époque, Marc Randolph, envisagent de se vendre à leur plus gros concurrent, Blockbuster. « Le rendez-vous a bien eu lieu, raconte un analyste. Mais on leur a ri au nez. » Entre-temps, le spécialiste des logiciels et des algorithmes parie sur une nouvelle technologie : le streaming, ou la transmission en continu sur Internet d’un film ou d’une série.

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Retrouvez la suite de cet article dans le magazine Paris Match dans tous les kiosques ce jeudi 6 avril 2017.

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