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Le sexe en prison, un tabou qu’il faut briser

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Image d'illustration. | © Unsplash/Matthew Ansley

Société

Les auteurs d’une récente étude belge plaident pour que la sexualité des détenus ne soit plus un tabou.

L’accès à la meilleure santé possible est un droit fondamental, en ce compris en ce qui concerne la santé sexuelle. Selon l’Organisation mondiale de la santé, cela implique la faculté de mener des expériences sexuelles « qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence ». Or, la santé psychologique et sexuelle des détenus est délaissée et malmenée. C’est ce que constatent le professeur de la VUB Johan Vansintejan et le médecin Glenn Boulanger après avoir interrogé 122 hommes incarcérés dans 10 prisons du pays.

« L’expérience sexuelle est aussi importante en prison que pour les personnes à l’extérieur. Plus de la moitié des sondés se masturbent au moins chaque semaine, tandis qu’un tiers fait usage à la même fréquence de matériel pornographique », souligne le médecin. « Les hommes qui se masturbent plus souvent ne sont certainement pas plus satisfaits de leur sexualité en prison. Ce sont ceux avec un partenaire stable qui, dans l’ensemble, sont les plus heureux de leur vie sexuelle. Bénéficier d’une visite sans dérangement joue à cet égard un rôle important. »

Sentiment de stigmatisation

Environ 6,7% des détenus interrogés ont déclaré avoir déjà eu un contact sexuel librement consenti avec un autre détenu. Il s’agit en majorité d’hommes homosexuels. « C’est une manière d’assouvir ses besoins sexuels. Dans certains cas relativement rares, le sexe est également une monnaie d’échange contre de la drogue, de la nourriture ou même une protection », analyse le docteur Boulanger. Plus d’un quart des personnes interrogées ont affirmé ne pas parler de leurs problèmes ou abus sexuels.

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Ceux qui souhaitent la visite d’un partenaire sans être dérangés doivent franchir trop de seuils pour l’obtenir, estime encore Glenn Boulanger. C’est surtout le sentiment de stigmatisation qui fait obstacle, d’après l’étude qu’il a menée.

« Le sexe en prison s’exerce surtout en solitaire, ou en cachette au parloir dans des conditions faisant obstacle au plaisir. C’est alors le sentiment de régression et d’humiliation qui domine, pour les détenus comme pour leurs conjoints et conjointes », analysait Mediapart en 2016, interrogeant le sociologue Arnaud Gaillard, auteur d’une recherche sur la sexualité des longues peines. Les auteurs de l’étude belge plaident ainsi pour que la sexualité des prisonniers ne soit plus un tabou.

Avec Belga

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