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Comment l’administration Trump va permettre de virer des personnes transgenres

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Un coup dur pour la communauté LGBTQI+. | © Cody Chan/Unsplash

Société

Dans son collimateur ? L’article VII du Civil Rights Act, qui protège les travailleurs de discriminations en raison du sexe.

 

Quelques mois à peine après avoir interdit aux personnes transgenres voulant changer de sexe de s’enrôler dans l’armée, droit acquis sous l’ère Obama qui avait autorisé les recrues transgenres à servir en fonction de leur identification sexuelle, l’administration Trump frappe une nouvelle fois très fort dans la discrimination de la communauté LGBTQI+. Ce vendredi, le Département de la Justice a déposé une requête à la Cour suprême pour revoir l’article VII du Civil Rights Act qui protège les travailleurs des discriminations basées sur le sexe.

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Le sexe … « biologique » !

Tout a commencé le mois dernier, lorsque qu’une certaine Aimee Stephens, licenciée d’une entreprise de pompes funèbres en 2013 après avoir annoncé à son employeur sa décision d’entamer le processus de transition pour devenir une femme, a obtenu gain de cause devant le tribunal face à son ex-employeur. D’après le juge, « des faits irréfutables montrent que l’entreprise de pompes funèbres a licencié madame Stephens parce qu’elle refusait de se soumettre à la conception stéréotypée de son employeur de son genre”, indiquait le rapport du tribunal. Résultat : l’entreprise a été condamnée. « Aucun jury raisonnable ne pouvait croire que Stephens n’était pas visée par un traitement discriminant et qu’aucun stéréotype sexuel n’était pris en compte dans la décision de licenciement du salon funéraire ».

Pour le moment, les travailleurs américains sont protégés des discriminations liées à leur sexe grâce à l’article VII du Civil Rights Act de 1964. Seulement, selon le ministère de la Justice, cet article “n’interdit pas les discriminations contre les personnes trans fondées sur le simple fait qu’elles soient trans”, rapporte le Huffington PostIl demande donc à la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire américaine, de revoir ce texte et la définition qui en est faite de « discrimination en raison du sexe ». Pour l’administration Trump, les personnes transgenres ne peuvent pas être protégées par le texte qui se baserait sur le « sexe biologique » des employés et non sur l’identité de genre, explique France Inter. Le cas Aimee Sephens aurait donc dû être débouté. Autrement dit, si le texte ne pouvait plus être soumis à l’interprétation des juges à l’avenir, cela signifierait que les employeurs pourraient virer leurs travailleurs, simplement parce qu’ils sont trans.

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