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La Seconde Guerre mondiale débutait il y a 80 ans, jour pour jour

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Photo prise en septembre 1939 de l'armée allemande entrant en Pologne après avoir attaqué le pays, le 1er septembre. | © BELGA/AFP

Société

1er septembre 1939 : l’armée allemande, tel un rouleau-compresseur d’acier et de tonnerre, violait la souveraineté de la Pologne et entraînait l’Europe dans la Seconde Guerre mondiale.

 

Après avoir rattaché l’Autriche au reich allemand en 1938, dépecé la Tchécoslovaquie en annexant les Sudètes la même année et la Bohême-Moravie au début 1939, l’Allemagne nazie, tel un ogre insatiable, jetait son dévolu sur la Pologne en prétextant dans un premier temps le rattachement du corridor de Dantzig (Gdansk), territoire polonais majoritairement germanophone. Arguant une violation du territoire allemand par des troupes polonaises, un incident monté de toute pièce à Gleiwitz (Gliwice), l’Allemagne sonne le glas de la Pologne indépendante et pénètre sur son sol le 1er septembre à 04h45.

L’objectif des nazis est double : le rattachement du corridor de Dantzig dans un premier temps et l’exploitation du territoire polonais, dans un second temps, dans le cadre de l’« espace vital » allemand.

Un million et demi de soldats allemands sont mobilisés pour cette première grande campagne de la Seconde Guerre mondiale. Face à eux, 950 000 soldats polonais tenteront de résister à l’assaut de l’armée allemande technologiquement plus avancée et mieux équipée. Le 3 septembre, soit deux jours après le début des hostilités, la France, le Royaume-Uni mais aussi l’Australie et la Nouvelle-Zélande déclarent la guerre à l’Allemagne. La Belgique, comme en 1914, reste neutre mais sera, elle aussi, entraînée quelques mois plus tard dans la plus terrible des guerres.

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Les troupes allemandes entrant en Pologne, le 1er septembre 1939. © IMAGO

La Pologne, un pays profondément meurtri

La Pologne est la première pièce d’un domino à l’échelle du continent qui entraînera quasi toutes les nations sous la férule nazie. Isolée et démembrée, la Pologne et sa population vivront la page la plus sombre de leur histoire : pays dévasté, population martyrisée et soumise, économie pillée et communautés juives exterminées. Malgré une résistance farouche des Polonais, les Allemands gagnent chaque jour du territoire. Le 17 septembre, l’armée soviétique envahit l’Est de la Pologne conformément à un protocole secret du Pacte de non-agression germano-soviétique.

Le sort de la Pologne est scellé, elle n’existera plus en tant que territoire indépendant dans quelques jours. Le 28 septembre, la capitale Varsovie, pilonnée depuis le début du conflit, capitule. L’armée polonaise se rendra le 6 octobre mais des milliers de soldats rejoindront Londres pour continuer le combat. Dès octobre 1939, les territoires occupés par les Allemands sont regroupés au sein du Gouvernement général de Pologne, une structure nazie visant à administrer les nouveaux territoires. Les territoires orientaux, occupés par les Soviétiques, seront conquis en 1941 par les Allemands lors de l’invasion de l’URSS (Opération Barbarossa).

Les Slaves, considérés comme des sous-hommes par les Nazis, doivent en payer le prix : extermination de l’élite polonaise, pillage économique, exploitation des civils, persécution du clergé catholique, etc. Des milliers de Polonais sont déplacés, abattus sommairement en représailles aux faits d’armes de la résistance, massacrés ou tout simplement soumis au bon vouloir de l’occupant.

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Le martyre de la Pologne c’est aussi l’extermination programmée des millions de Juifs qui débute dès l’occupation du pays. L’élimination progressive des Juifs commence par la saisie de leurs biens, suivi par leur enfermement dans d’innombrables ghettos dont les plus tristement célèbres sont ceux de Varsovie et de Lodz et enfin leur extermination dans les camps de Treblinka, Chelmno, Maïdanek, Sobibor, Belzec et Auschwitz, le plus notoire de cette macabre liste.

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Auschwitz. © YVES BOUCAU

À l’occasion de ce triste anniversaire, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a demandé pardon aux victimes de l’agression allemande 80 ans après. « Je m’incline devant les victimes de l’attaque de Wielun (ndlr, petite ville où sont tombées les premières bombes allemandes). Je m’incline devant les victimes polonaises de la tyrannie allemande. Et je demande pardon », a déclaré en allemand et en polonais M. Steinmeier. « Ce sont les Allemands qui ont commis un crime contre l’humanité en Pologne. Quiconque prétend que c’est fini, que le règne de terreur des national-socialistes sur l’Europe est un événement marginal dans l’histoire allemande se juge lui-même », a-t-il souligné, faisant référence à des déclarations de l’extrême droite allemande.

Avec sa défaite, la Pologne entre dans une nuit noire de six longues années avec 6 millions de morts civils et la disparition de sa communauté juive. Après avoir vécu sous le joug nazi, la Pologne tombera sous la sphère soviétique pendant 45 ans avant de pouvoir, enfin, renouer avec la démocratie en 1990.

Avec Belga

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