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La tension monte à Hong Kong, la police utilise un liquide bleu controversé

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La police de Hong Kong utilise des canons projetant un liquide bleu. | © Anthony WALLACE / AFP

Société

Hong Kong fait face à de violents affrontements entre policiers et manifestants depuis maintenant trois mois. Plus de 900 personnes ont été interpellées au total depuis juin.

 

Cocktails Molotov, barricade incendiée et lacrymogènes… Le cœur de Hong Kong a encore plongé samedi dans le chaos avec de violents affrontements entre policiers et manifestants qui ont bravé un déluge et les interdictions pour envahir à nouveau les rues de l’ex-colonie britannique.

La police avait justifié le fait de ne pas autoriser une nouvelle manifestation monstre samedi en raison de risques de violences et en rappelant les échauffourées de dimanche dernier, parmi les plus graves depuis le début de la contestation en juin. Mais des dizaines de milliers de manifestants vêtus de noir – la couleur emblématique du mouvement – se sont répandus dans l’après-midi dans plusieurs quartiers au cœur de la région semi-autonome. « Reprendre Hong Kong, la révolution de notre temps », scandaient-ils.

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Les manifestants sont présents en nombre. © Philip FONG / AFP

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« Les manifestations pacifistes ne fonctionnent pas », a dénoncé une manifestante de 22 ans se faisant appeler Stone. « Nous ne nous rendrons pas », disait un graffiti sur un mur de la station de métro voisine. Les manifestants ont ensuite incendié une énorme barricade constituée de sièges arrachés sur les gradins d’un terrain de sport, près du quartier général de la police. Auparavant, un groupe avait défilé près de la résidence de la cheffe de l’exécutif locale Carrie Lam, ancienne résidence du gouverneur britannique. Mme Lam concentre l’ire des manifestants pour ne pas avoir formellement retiré son projet de loi controversé sur les extraditions qui avait été en juin l’élément déclencheur de la mobilisation.

Un liquide bleu controversé

La tension est montée en fin d’après-midi, quand un petit groupe de radicaux a attaqué avec des pierres et des cocktails Molotov des policiers disposés autour du complexe abritant les institutions hongkongaises et notamment le Conseil législatif (LegCo), le « Parlement » local qui avait été mis à sac le 1er juillet. Ils ont brièvement réussi à enfoncer les barrières protégeant le LegCo, avant d’être promptement repoussés par les forces de l’ordre à grand renfort de lacrymogènes, avec l’intervention des canons projetant notamment un liquide bleu.

Selon des médias locaux, les policiers ont déclaré par haut-parleurs que cette eau serait utilisée par la suite pour identifier les suspects, et les arrêter plus aisément. Comme le rappel le Huffington Post, Amnesty International avait dénoncé il y a quelques semaines l’utilisation de ces canons à eau. Cette coloration bleue présente plusieurs défauts selon l’ONG. « L’utilisation de canons à eau contenant des irritants et des colorants […] constitue une menace pour la liberté d’expression et le rassemblement pacifique. En plus des risques de blessures graves, l’utilisation de colorant signifie qu’un grand nombre de personnes, y compris des manifestants pacifiques, des journalistes et des résidents locaux, peuvent être marqués sans distinction », a mis en garde une porte parole d’Amnesty.

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La police a indiqué utiliser ce colorant pour mieux identifier les manifestants. © Philip FONG / AFP

Une mobilisation qui ne faiblit pas

Hong Kong traverse depuis près de trois mois sa pire crise depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions quasi-quotidiennes qui ont parfois dégénéré. Une situation inédite à laquelle les autorités de la région semi-autonome peinent à répondre. La contestation a élargi ses revendications à la dénonciation de l’influence grandissante de la Chine sur sa région semi-autonome et au recul des libertés.

Ce samedi marque le cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel à Hong Kong. Cette décision fut le déclencheur du « Mouvement des parapluies » de 2014, marqué par 79 jours d’occupation du cœur financier et politique de la ville. Au final, cette mobilisation alors historique s’était achevée sans aucune concession de la part du gouvernement central chinois. Et les manifestants actuels sont déterminés à ne pas laisser leur mouvement mourir à petit feu, d’où la créativité de leurs modes d’action.

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La mouvance pro-démocratie était aussi samedi sous le choc de l’arrestation la veille de trois députés et de cinq militants de premier plan. Parmi eux, deux représentants du « Mouvement des parapluies », Joshua Wong et Agnes Chow, âgés de 22 ans, inculpés pour « incitation à participer à un rassemblement non autorisé », avant d’être libérés sous caution. Samedi matin, LIHKG, un forum prisé des manifestants, a annoncé sur Twitter que son application avait été la cible de « la pire attaque qu’elle ait jamais essuyée ».

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Agnes Chow et Joshua Wong. © Lillian SUWANRUMPHA / AFP
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