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#BalanceTaGêne : CAP48 s’inspire de trois films cultes pour sensibiliser au handicap

CAP48

Simon et son père, Jean-Philippe, rejouant un scène du "Huitième Jour". | © CAP48

Société

Pour sa dernière campagne de sensibilisation à l’acceptation de la différence dans notre société, CAP48 invite à dépasser le malaise en rejouant des scènes de trois films cultes qui ont changé notre regard sur le handicap.

« Pas de bras, pas de chocolat » Tout le monde se souvient de cette blague lancée par Omar Sy à François Cluzet dans Intouchables devant un tableau sur lequel « un mec a saigné du nez ». La réplique est culte, et la comédie française au succès colossal a contribué à changer le regard de la société sur les personnes en situation de handicap. C’est pourquoi CAP48 a choisi de s’en inspirer pour sa dernière campagne de sensibilisation #BalanceTaGêne, tout comme Forrest Gump et Le Huitième Jour, pour lequel Pascal Duquenne a obtenu en 1996 le Prix d’interprétation masculine du Festival de Cannes, avec Daniel Auteuil.

Pas de gêne, pas de complexe, pas de malaise

Pour rejouer les scènes marquantes de ces trois films, CAP48 a fait appel, non pas à des acteurs, mais à des personnes en situation de handicap et à leurs proches. Des familles donc, qui sont les mieux placées pour montrer l’exemple. Entre proches, les relations sont effectivement simples, spontanées et sans préjugés. La différence se fait oublier et ne provoque aucun malaise. On peut même en rire, tant que cet humour est partagé.

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Afin de faire tomber les craintes, les tabous, les inquiétudes qui génèrent tant de discriminations dans notre société, l’organisation belge prend les relations qui se nouent au sein des familles comme exemples de respect mutuel, de spontanéité et de bien vivre ensemble en les mettant en scène à travers le cinéma.

De l’importance de l’inclusion

Après une série de campagnes marquantes – notamment celle de 2010 telle une publicité pour lingerie -, CAP48 frappe de nouveau fort et rappelle encore une fois que derrière chaque handicap se trouve un individu à part entière. Depuis 60 ans, l’organisation sensibilise à la question fondamentale de l’acceptation de la différence dans un pays où le handicap est la deuxième cause de discrimination, après les critères raciaux. Il représente près d’un quart des signalements reçus en 2018 par Unia (Centre interfédéral pour l’égalité des chances), et les plaintes pour ce motif ont augmenté de 17% par rapport à 2017, explique l’opération de solidarité de la RTBF dans un communiqué.

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« Les personnes handicapées sont confrontées quotidiennement à des situations de discrimination : au travail, à l’école, dans les loisirs, dans la vie de tous les jours », explique Véronique Ghesquière, reponsable du Service Handicap/Convention ONU à Unia. « Ce n’est pas toujours intentionnel. Très souvent, c’est la peur et la méconnaissance qui provoquent le comportement discriminatoire envers les personnes handicapées. Les préjugés sont tenaces. C’est pourquoi l’inclusion dès le plus jeune âge est une condition indispensable à la lutte contre les discriminations. Quand on se côtoie à la crèche, à l’école, au travail, dans la rue ou lors d’activités, on apprend à se connaître, on vit des expériences ensemble sans préjugés. On ne pourra « balancer sa gêne » qu’en se côtoyant beaucoup plus. »

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