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Victimes de sexisme : La menace de la dépression

Femmes

Les victimes ont trois fois plus de chance de faire une dépression. | © Rene Böhmer/Unsplash

Société

Oui, le sexisme est un véritable problème.

 

Être harcelée dans la rue, se faire insulter, être discriminée au travail ou faire l’objet de jugements liés au sexe, le sexisme est partout et les femmes y sont confrontées régulièrement. Une récente étude publiée dans le journal Health Psychology et menée par la docteur Ruth Hackett, de l’Institut d’épidémiologie et des soins de santé de l’University College de Londres (UCL) prouve que les femmes victimes de discriminations liées au sexe peuvent être affectées mentalement. D’après les recherches, elles seraient trois fois plus susceptibles de présenter des symptômes de dépression.

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Trois fois plus susceptible de faire une dépression

Près de 3 000 femmes âgées de plus de 16 ans ont pris part à la recherche dans le cadre de l’étude longitudinale sur les ménages au Royaume-Uni en 2009 et 2010, rapporte The Independent. Celles qui ont confirmé avoir été confrontées avec des discriminations liées au sexe (menacées, insultées, agressées ou discriminées), étaient trois fois plus susceptibles de faire état d’une dépression et 26% étaient plus susceptibles de déclarer avoir éprouvé une détresse psychologique. « Nous avons constaté que les femmes ayant signalé avoir perçu une discrimination sexuelle étaient plus susceptibles d’être déprimées et d’avoir une plus grande détresse psychologique, ainsi qu’un fonctionnement mental, une satisfaction de la vie et une santé qu’elles jugeaient médiocre« , explique la Dr Hackett.

Mais pourquoi un tel lien existe-t-il ? « Il existe plusieurs explications possibles du lien entre sexisme et mauvaise santé mentale. Le sexisme peut constituer un obstacle à des modes de vie sains favorisant le bien-être mental, par exemple, si les femmes évitent de faire de l’exercice dans des environnements qu’elles jugent dangereuses ou utilisent des substances pour faire face à des expériences discriminatoires », indique-t-elle à INews.

Les différents cas de sexisme étudiés dans l’étude se produisaient principalement dans la rue (77%) mais également dans les transports en commun (40%) et dans les stations de train ou de bus (39%). « Une exposition répétée au stress (lié au sexisme) peut conduire à une ‘usure’ qui perturbe les processus biologiques normaux », indique le Dr Hackett à The Independent. Les auteurs de l’étude appellent donc à une réelle politique contre le sexisme.

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