Paris Match Belgique

« Mowgli Girl » : le mystère de la jeune indienne retrouvée parmi les singes

Certains ont relaté que l'enfant avait été élevée par les singes, comme Mowgli, le petit garçon du livre de Rudyard Kipling, avait été élevé par des loups dans la jungle. | © Belga

Société

Depuis quelques jours, l’histoire incroyable d’une petite fille de 8 ans, soi-disant retrouvée avec des singes dans le nord de l’Inde, fait le tour du monde.

L’histoire de «Mowgli girl» est bien plus tragique que celle du «Livre de la jungle» dont elle tire son surnom. Les médias indiens ont rapporté il y a quelques jours la découverte en janvier dernier d’une petite fille d’une dizaine d’années, qui vivait parmi les singes dans l’État de l’Uttar Pradesh, dans l’ouest de l’Inde. Certains ont relaté que l’enfant avait été élevée par les singes, comme Mowgli, le petit garçon du livre de Rudyard Kipling, avait été élevé par des loups dans la jungle. Les autorités indiennes ont depuis réfuté cette affirmation. Elles ont expliqué que l’enfant souffrait de problèmes mentaux et avait sans doute été abandonnée par ses parents à cause de son handicap, rapporte «India Times».

Lire aussi : Des singes aident un touriste à survivre dans la jungle amazonienne

Les employés du parc forestier protégé de Katarniaghat rejettent quant à eux l’hypothèse qu’une enfant ait pu vivre parmi les singes dans ce lieu touristique, sans que personne ne s’en aperçoive. «Il est impossible qu’une fille passe des années dans la forêt sans qu’aucun employé, ou les centaines de caméras installées, ne la remarque. Elle a sans doute été déposée peu de temps avant d’être repérée par le patrouille», a affirmé le garde forestier Gyan Praksh Singh, cité par le journal. Interrogé par le «Guardian», le garde forestier a également expliqué, que contrairement à ce qui a été précédemment rapporté, l’enfant n’avait pas été trouvée dans la forêt, mais au bord d’une route non loin de le forêt et que même si des singes se trouvaient non loin d’elle, elle ne vivait pas avec eux.

L’enfant fait des progrès rapides

A l’hôpital de la ville de Bahraich, où l’enfant est soignée, les médecins tentent de déterminer de quel handicap elle souffre, mais ils sont catégoriques sur un point : elle a grandi parmi les humains. «Lorsqu’elle est arrivée, elle rampait pour se déplacer mais à présent elle marche normalement, ça veut dire qu’elle n’était pas dans la jungle depuis sa naissance», a précisé au «Guardian» le médecin en chef du district de Bahraich Ankur Lal. «La vérité, c’est que sa famille ne voulait pas prendre soin d’elle», a fait valoir quant à elle Ranjana Kumari, une activiste qui défend les droits des petites filles dans ce pays où l’infanticide des filles persiste. «Certaines familles n’accordent de l’importance qu’aux garçons. Elles préfèrent se débarrasser des filles plutôt que de dépenser de l’argent pour elles».

L’enfant a été transportée dimanche dans un établissement pour handicapés à Lucknow, où elle côtoie désormais des enfants de son âge. «C’est la première fois qu’elle rit. Elle était heureuse de voir des enfants. Son attitude nous a stupéfaits», a raconté au «Hindustan Times» un bénévole qui a accompagné la fillette jusqu’à son nouveau refuge. A Lucknow, «Mowgli girl» a fait place à Ehsaas, le prénom qu’on lui a donné à son arrivée.

CIM Internet