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Des journées du Matrimoine pour découvrir ce que Bruxelles doit aux femmes

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Un événement contre l’invisibilité des femmes dans l’histoire et dans l’espace public. | © Unsplash/Alex Vasey

Société

Ces 28 et 29 septembre, à Bruxelles, les journées du Matrimoine mettent à l’honneur ces femmes qui ont construit le plat pays. Une première en Belgique.

Chaque année, les journées du Patrimoine permettent de redécouvrir la ville de Bruxelles et de visiter des lieux méconnus, mais cet événement qui a connu sa 31e édition début septembre ne mett pas assez en valeur le travail et la contribution des femmes à l’héritage culturel et historique belge. Pour remédier à ce manque, un groupe d’architectes désireuses de mettre en lumière cette empreinte féminine a lancé une initiative unique en Belgique, mais déjà présente chez nos voisins français depuis quatre ans : les journées du Matrimoine.

Ceci n’est pas une faute de frappe. « Matrimoine » est le pendant féminin de « patrimoine », désignant ces biens, matériels ou immatériels, ayant une importance artistique ou historique hérités des femmes. Le temps d’un week-end, ces 28 et 29 septembre, cet événement cherche à rétablir une certaine égalité dans l’espace public et dans l’histoire, qui oublie souvent la contribution de ces dernières, étant écrite majoritairement par des hommes, en parcourant la capitale belge à la recherche de leurs trésors d’architecture, de sculpture, d’urbanisme et sociaux.

Hier comme aujourd’hui

Mais ces journées du Matrimoine sont loin d’être consacrées au passé. Elles permettent de visibiliser le travail et la présence des femmes dans la ville, hier comme aujourd’hui. « Au-delà de la découverte du matrimoine bruxellois parfois, voire souvent, éclipsé, la question fondamentale de l’accès à la propriété pour les femmes et aux professions liées sera transversalement soulevée lors d’ateliers menés par des expertes et tout au long des visites conduites par des professionnelles de terrain », explique l’organisation sur l’événement Facebook. Car pour Apolline Vranken, l’une des architectes de « L’architecture qui dégenre » à l’origine de ces journées, la définition historique de « matrimoine » est liée à ce qu’on possède et a fortiori, à ce qu’on est en droit de posséder en tant que femme.

Au programme

Pour donner de la visibilité à l’héritage des femmes et peut-être inspirer les futures générations, l’événement a prévu des conférences, des visites dégenrées, des rencontres et même une activité gardée secrète jusqu’à la dernière minute. Cette dernière sera tenue ce samedi par le collectif « Noms Peut-Être ! » qui renomme les rues, les parcs et les stations de métro bruxellois afin de mettre en lumière les femmes, absentes dans l’espace public. Le même jour, l’historienne Marianne Puttemans, véritable encyclopédie vivante, partagera les secrets du matrimoine bruxellois. Qui étaient les femmes « architectes » des siècles passés ? Où les femmes se réunissaient-elles pour s’instruire, s’entraider, travailler ? Comment et en quoi ont-elles marqué et façonné la ville telle que nous la connaissons ?

Le lendemain, Apolline Vranken animera une balade « hors les murs du genre ». L’occasion de donner des pistes pour une architecture plus égalitaire. Le parcours de Marian Lens sera quant à lui tourné vers les communautés LGBTQIA+. L’activiste et fondatrice de la première librairie lesbienne de la capitalepartagera des anecdotes insolites et événements marquants de l’histoire de la capitale aux couleurs de l’arc-en-ciel. Enfin, sur la place Marie Janson, qui porte le nom de la première femme politique à entrer au Sénat belge, une émission radio participative apportera une réflexion autour de la lutte contre le sans-abrisme et l’accès à la propriété pour les femmes. Parce qu’aujourd’hui, ces dernières sont bien plus vulnérables que les hommes face au logement. Parce qu’encore aujourd’hui, elles sont discriminées par les bailleurs et les bailleuses car elles gagnent moins d’argent et sont parfois en charge d’une famille monoparentale.

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