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Kim Phuc, « la petite fille au napalm », se raconte 47 ans après

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Kim Phuc Phan Thi devant la célèbre photo d'elle enfant, le 17 mai 2018. | © Robin van Lonkhuijsen / ANP / AFP

Société

Kim Phuc Phan Thi se dit aujoud’hui en paix, avec elle-même et avec le monde, notamment grâce à la foi.

 

« Je ne peux pas changer le passé, mais avec de l’amour je peux changer l’avenir. » 47 ans après avoir fait la une des médias internationaux, Kim Phuc Phan Thi, « la petite fille au napalm », se dit en paix, avec elle-même et avec le monde, malgré les souffrances qui perdurent. Son secret ? Une foi chevillée au corps, au cœur, à l’âme, confie-t-elle à l’AFP, de passage à Paris pour la publication en français de son livre Sauvée de l’enfer (éditions Ourania), écrit précisément pour raconter ce cheminement spirituel qui l’a conduite à la sérénité.

L’enfer, c’est celui dans lequel l’a plongée, le 8 juin 1972, une bombe au napalm tombée sur son village du Sud-Vietnam. La petite Kim, 9 ans, court sur une route, elle est happée de dos par les flammes, ses vêtements sont réduits en cendres, sa nuque, son dos et son bras gauche sont en feu. Un jeune photographe d’Associated Press, Nick Ut, capture cet instant terrible. Le cliché – qui valut à son auteur le Pulitzer – choqua le monde et devint un symbole de la guerre du Vietnam.

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« Pourquoi moi ? »

Enfant, puis jeune fille, sa souffrance est double. Celle, physique, est incommensurable et ne disparaît pas au fil des 14 opérations et greffes subies dans les années qui suivent. Mais elle est aussi profondément psychologique. « Je ressentais colère, amertume. J’étais sans espoir, tout était négatif. J’ai pensé à mourir. Je savais que je ne pourrais pas vivre comme cela éternellement », raconte Kim Phuc de sa voix douce. « J’avais tant de questions, tant de pourquoi : Pourquoi moi ? Pourquoi cela est-il arrivé ? Il me fallait des réponses ».

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Kim Phuc Phan Thi, le 11 février 2019. © Sebastian Kahnert / dpa / AFP

À 19 ans, elle se rend dans une bibliothèque, en sort tous les livres religieux et trouve, parmi eux, le Nouveau Testament. « Ce fut un tournant dans ma vie ». C’est ce tournant qu’elle a souhaité raconter afin de transmettre un peu de « paix et d’espoir » : « dans mon livre, je ne parle pas de religion, mais de foi, de ma propre foi, de la façon dont j’ai libéré mon cœur ». On la suit dans cette évolution au fil de sa vie tumultueuse du Vietnam à Cuba – où elle rencontre son époux Toan, Vietnamien du Nord qu’elle convertira – avant que le couple ne fasse défection au Canada.

Face à ses péripéties, sa volonté, ses souffrances – ces quatre dernières années elle a subi onze traitements au laser –, pas la peine de lui dire qu’elle est forte. Ce petit bout de femme élégante rit et rétorque : « c’est Jésus ma force ». Ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco depuis 1997, Kim dirige la Fondation Kim internationale, une organisation caritative tournée vers les enfants, qui soutient des projets médicaux ou scolaires en partenariat avec d’autres institutions comme Médecins sans frontières ou Save the Children.

Avec Belga

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