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Le bad buzz de Bicky Burger sur les violences faites aux femmes

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Rien ne va dans cette publicité. | © BickyBurger

Société

Non, on ne frappe pas sa femme à cause d’un carton de hamburger.

 

« Pas de boîte verte = pas un véritable Bicky ». Le célèbre hamburger bien de chez nous semble en avoir assez que des hamburgers soient vendus à leur nom dans les snacks belges sans être un véritable Bicky Burger. Ce mardi, ils ont donc lancé une campagne de pub pour dénoncer cette usurpation, en invitant leurs fans à dénoncer les mauvaises friteries. Le hic ? Leur pub justement. En une simple publication sur Facebook, ils sont parvenus à s’attirer les foudres de la communauté Facebook, et à raison. La pub montre une femme battue par un homme et on ne peut s’empêcher de se demander comment une telle banalisation des violences faites aux femmes est encore possible.

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Et le sauveur du siècle est… ⬇️ Quelle autre friterie mérite une bonne grosse punition ? 🤬(…)⚠️ Pas de boîte verte…

Publiée par Bicky Burger sur Mardi 8 octobre 2019

On y voit un homme assénant un sacré coup de poing à une femme en lui reprochant de lui offrir un « faux bicky ». Les réactions n’ont pas tardé à fuser. Quelques heures à peine après la publication du post, des centaines de commentaires dénonçaient le sexisme exposé et l’apologie des violences faites aux femmes. « Super la promotion qui fait de la pub pour les violences conjugales », commente l’un. « Et le responsable marketing, il était en vacances ? Vous vous rendez compte de ce que vous faites ? Je signale et dénonce. Vous êtes une honte. Plus jamais vos produits », tempête une autre. « Banalisation de la violence conjugale. Banalisation des féminicides ». « En Belgique, quarante plaintes sont déposées chaque jour pour des faits de violences conjugales. La moitié de celles-ci concernent des faits de violence physique. Une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les dix jours en moyenne. Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, il y a tous les faits qui ne seront jamais dénoncés. (…) Et toi, Bicky Burger, tu trouves malin de faire une « blague » sur le sujet, tournée d’une façon qui légitime ce genre d’actes, et ce à des fins de marketing. Comme un gros beauf. Va juste bien te faire foutre », s’énerve encore un autre. Et ces chiffres sont exacts, comme le racontait la RTBF il y a déjà plusieurs années.

C’est bien simple, rien ne va dans cette publication. Non seulement on voit un homme tabasser sa femme pour une boîte en carton, mais en plus le commentaire de la marque lui-même est affligeant. L’homme est dépeint comme « le sauveur du siècle » parce qu’il bat sa femme qui d’après l’équipe marketing « mérite une bonne grosse punition ».

Rien ne va dans cette publication parce que le sujet de l’illustration lui-même est inacceptable. En Belgique, une femme meurt sous les coups de son mari tous les dix jours en moyenne. Depuis le début de l’année, 19 cas de féminicides ont déjà été recensés. En France, ce week-end encore, des femmes marchaient dans les rues pour dénoncer les 117 féminicides qui ont déjà eu lieu cette année chez nos voisins (chiffre en date du 7 octobre). Les violences faites aux femmes parce qu’elles sont femmes existent bel et bien. Et c’est très grave.

Sur Facebook, la publicité a été postée en français et en néerlandais. Sous la publication francophone, la grande majorité des personnes s’indignent. Des associations féministes demandent même à la marque de burger d’enlever purement et simplement leur publicité qui a déjà été signalée par plusieurs personnes. C’est ce qu’on appelle un bon gros bad buzz.

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