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Extinction Rebellion : Gazé au visage, Olivier de Schutter appelle à la réconciliation sociétale

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Des policiers sur la place royale, lors de la manifestation pacifiste du groupe Extinction Rebellion, samedi 12 octobre. | © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Société

L’ex-rapporteur de l’ONU Olivier de Schutter était présent ce samedi, lors de l’évacuation musclée des manifestants d’Extinction Rebellion. Sur Facebook, il publie un message prônant l’apaisement, mettant un terme au débat que suscite l’intervention policière. 

Cette photo en a choqué plus d’un. Un policier pointant du spray au poivre au visage d’Olivier de Schutter, professeur de droit international à l’UCL et ancien apporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation. La scène, photographiée par François Dvorak, se déroule samedi sur la place Royale de Bruxelles, lors de l’intervention musclée des forces de l’ordre pour faire évacuer les militants écologistes d’Extinction Rebellion. Deux jours après les faits, les méthodes utilisées par la police continuent de faire débat. Certains avancent que la manifestation se déroulait en zone neutre, où tout rassemblement est proscrit, et ne respectait pas l’espace public car elle bloquait le passage des trams. D’autres qualifient l’action policière de « disproportionnée » et s’insurgent contre les actes de violence visibles sur de nombreuses vidéos. Une enquête a été ouverte au sein de la police de Bruxelles.

S’adressant aux agents pour dénoncer l’utilisation excessive de la force, Olivier de Schutter, invité par Extinction Rebellion pour prononcer un discours lors de la manifestation pacifiste, a lui-même été gazé au visage. Après deux jours de silence, l’ex-rapporteur de l’ONU a pris la parole sur Facebook, préférant tout de même ne pas parler de lui. « Mon cas en effet n’est pas, de loin, aussi grave que celui de ces familles, y compris avec des jeunes enfants et des personnes âgées, qui étaient là pacifiquement, pour exprimer leur inquiétude face à la lenteur de l’action sur le climat », a confié le Belge de 51 ans, engagé aux côtés d’Ecolo.

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Nous avons besoin que les politiques tiennent des propos qui apaisent, qui réconcilient notre société avec elle-même.

Plutôt que de son expérience, il a décidé de parler de la situation actuelle. « Je constate que nos gouvernements sont dans une complète schizophrénie : on prend des engagements sur le climat, mais on continue de négocier des accords commerciaux qui vont à rebours de ces engagements, et de promouvoir des modes de consommation et de production qui ne sont absolument pas durables, y compris en subsidiant les énergies fossiles et en investissant dans la bétonnisation pour la voiture ou pour l’avion », regrette le professeur, avant de défendre les manifestants qu’il accompagnait samedi : « Ces jeunes disent leur désarroi. Ils le font pacifiquement. On leur répond par des matraques, des chiens et des auto-pompes. C’est totalement inacceptable. Nous avons besoin que les politiques tiennent des propos qui apaisent, qui réconcilient notre société avec elle-même : c’est ensemble, unis que nous pourrons relever le défi climatique. Au lieu de cela, on parle de ces manifestants comme s’il s’agissait de dangereux radicaux. Mais ce n’est pas en décrédibilisant leur combat que l’on répondra à l’urgence climatique. »

La réponse des autorités communales

« Il y a effectivement des indications que tout ne s’est pas passé conformément aux règles », a reconnu le porte-parole de la police Olivier Slosse. « Ce que les images montrent n’est certainement pas ce qui est prescrit. Cela fera l’objet d’une enquête ». Plus de 400 militants écologistes ont été interpellés par la police samedi après-midi sur la place des Palais et la place Royale, selon BX1. Par la voix de la porte-parole de Philippe Close, la Ville de Bruxelles a réagi lundi, déclarant que la décision d’évacuer a été prise par le bourgmestre parce que les manifestants refusaient de libérer les voies du tram « comme la police le leur avait demandé à plusieurs reprises », a précisé Maïté Van Rampelbergh, ajoutant que Philippe Close va rencontrer des membres du mouvement Extinction Rebellion pour évoquer leurs prochaines actions.

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