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Dubaï Papers : Plongée au coeur d’un incroyable réseau de complicités en Belgique

Le prince Henri de Croÿ lors d'une interview en octobre 2012. | © Photo Jonas Hamers (c) ImageGlobe.

Société

Paris Match poursuit ses révélations sur le versant belge des « Dubaï Papers », l’énorme « leak » qui dévoile un circuit d’évasion fiscale présumée

En réaction à l’article ci-dessous, Arnaud Jansen nous demande de publier le droit de réponse suivant

C’est un sacré boulot qui attend les enquêteurs belges chargés d’explorer les « Dubaï Papers ». Ce « leak » colossal de quelque 160 000 fichiers, révélé en France par l’Obs voici à peine plus d’un an, a débouché sur une énorme affaire de dissimulation de capitaux et de fonds détournés. Après la justice française qui s’est très tôt saisie du dossier (une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » est en cours), la Belgique embraie à son tour. Le parquet fédéral a récemment ouvert une information judiciaire en vue d’obtenir les pièces aux mains des magistrats du parquet national financier (PNF) à Paris.

Les « Dubaï Papers » conduisent au cœur d’un réseau international de fraude fiscale présumée, mis en place en Suisse tout d’abord, puis déplacé à Ras Al-Kaimah, le plus méconnu des Émirats Arabes Unis, mais pas le moins attractif en matière d’offre de services offshore. Appelée Jawer lorsqu’elle était installée sur les hauteurs du lac de Neuchâtel, la société de gestion de patrimoine, matrice de ce réseau, s’est rebaptisée Helin au moment de son installation en 2009 sur les rives du Golfe Persique.

La structure « Jawer/Helin », c’est l’un de ces points aveugles tels qu’ils en existent beaucoup sur la planète financière. Un petit royaume d’opacité sur lequel a longtemps régné un Belge : le prince Henri de Croÿ-Solre (« HdC »), 61 ans. Membre d’une illustre lignée princière et ducale – l’une des rares a pouvoir faire suivre sa particule du prédicat honorifique « SAS » -, il fait cependant davantage les gros titres de la chronique judiciaire que ceux de la mondaine. Singulièrement depuis qu’il apparaît comme l’orchestrateur (en compagnie notamment de son frère Emmanuel) du réseau Helin, grâce auquel des centaines de clients pensaient avoir mis leur fortune à l’abri du fisc. « HdC » avait tout prévu. Sauf les « Dubaï Papers ».

DROIT DE RÉPONSE DE L’AVOCAT ARNAUD JANSEN

L’article publié en ligne le 23 octobre 2019 sur www.parismatch.be, sous le titre « Dubaï Papers, Plongée au cœur d’un incroyable réseau de complicités en Belgique », me met en cause de manière injuste, totalement erronée et injurieuse.

Tant de choses inexactes.
Les suppositions, les conclusions et de nombreuses affirmations de cet article sont fausses. Elles reposent sur des amalgames artificiels, à partir de faits épars évoqués par bribes incohérentes, alimentées par des termes péjoratifs et racoleurs utilisés délibérément.

Ainsi il est faux de soutenir que lors du « procès de Croÿ » auquel il est fait référence, je me serais « prêté à une basse manœuvre dilatoire destinée à différer son issue, voire à la compromettre », en 2010. Cette manœuvre aurait été celle de succéder à un précédent avocat dans la défense de M. Henri de Croÿ devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, alors que ma belle-sœur, juge, présidait l’audience, afin d’en provoquer le report.
Par deux fois, en décembre 2010 et en avril 2011, les autorités compétentes ont considéré qu’il n’y avait eu aucune déloyauté de ma part.
Il est publiquement connu qu’Henri de Croÿ a été mis hors cause deux fois. Une première fois par la Cour d’appel de Bruxelles qui a déclaré les poursuites irrecevables en 2013. Une seconde fois, après cassation, par la Cour d’appel de Liège qui l’a acquitté en 2015. Il est interpellant de constater que la vérité judiciaire n’est pas reconnue comme telle.

Il est faux de soutenir que j’aurais pris part de manière assidue au « réseau Helin » en étant « rabatteur » de clients. Il s’agit d’un terme délibérément inexact et insultant sans aucun rapport avec la réalité.
Je n’ai pas participé à de quelconques « factures contrefaites ». Je n’ai perçu aucune « rétro-commission ». Je n’ai jamais monté un procès de toutes pièces.
A titre anecdotique, je n’étais pas à une réception dans la Nièvre au château d’Azy, en 2013. Ceci illustre encore les amalgames hasardeux de cet article. Il convient par ailleurs de rappeler le droit fondamental au respect de la vie privée et familiale, le code déontologique journalistique impose aux journalistes une vigilance toute particulière à ce sujet.

Déontologie et Secret professionnel.
L’exercice de ma profession est soumis à une déontologie strictement contrôlée par les autorités. Par ailleurs, parler du contenu de mes dossiers constituerait une violation du secret professionnel et une atteinte à la confiance des clients. Cela constituerait une infraction pénale et un manquement déontologique. C’est la raison pour laquelle je m’abstiens de tout autre commentaire et m’en abstiendrai encore et toujours.
Arnaud Jansen.

 

 

Nos nouvelles révélations sont à découvrir dans l’édition de Paris Match ce jeudi 17 octobre. Et prochainement sur notre site, un dossier complet.

 

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Mots-clés:
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