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Aux États-Unis, une femme médecin inculpée pour avoir excisé plusieurs fillettes

Extrait de la vidéo "Clito, papier… ciseaux - Stop à l'excision" de Plan Belgique. | © Capture d'écran YouTube @Plan België-Belgique

Société

Une urgentiste hospitalière de Detroit (Michigan) a été arrêtée et inculpée jeudi 13 avril pour avoir excisé plusieurs fillettes. Elle est le premier médecin jamais inculpé aux États-Unis pour de telles pratiques.

 

Jumana Nagarwala, 44 ans, est accusée d’avoir réalisé ces mutilations génitales dans un cabinet médical de Livonia, dans la banlieue de Detroit, sur plusieurs fillettes âgées de six à huit ans, a indiqué le bureau du procureur fédéral pour l’Est du Michigan dans un communiqué. « Mme Nagarwal est accusée d’avoir réalisé ces horribles actes de brutalité sur des victimes particulièrement vulnérables », a souligné le procureur. « Le ministère de la Justice est déterminé à mettre fin aux mutilations génitales », une « pratique qui n’a pas sa place dans une société moderne », a-t-il souligné.

« Elles ont été priées de ne pas parler de ce qu’elles avaient subi »

Selon l’accusation, deux fillettes ont ainsi été amenées début février par leur mère depuis le Minnesota (nord) pour subir ces mutilations. Elles ont été priées de ne pas parler de ce qu’elles avaient subi. Le procureur évoque également d’autres fillettes qui auraient été mutilées par Mme Nagarwala, notamment entre 2005 et 2007. Interrogée par le FBI, la doctoresse a nié les faits, selon les documents du tribunal. Elle a été incarcérée jeudi 13 avril et inculpée pour mutilation génitale, transport de mineurs et faux témoignage, des chefs d’accusation qui pourraient lui valoir la prison à vie. Une audience prévue lundi doit déterminer si elle peut être libérée sous conditions, a indiqué à l’AFP Gina Balaya, porte-parole du FBI.

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Plus de 500 000 femmes aux États-Unis victimes d’excision, et 200 millions dans le monde

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estiment que plus de 500 000 femmes et filles vivant aux États-Unis soit avaient été victimes de telles mutilations soit risquaient d’être mutilées dans ce pays. « La plupart d’entre elles sont nées aux États-Unis et beaucoup n’ont aucune origine africaine », où cette pratique est répandue, a souligné Mme Quast.

En 2012, quand l’ONU a décrété l’excision comme étant une « violation des droits fondamentaux des femmes », on croyait cette pratique sexiste en voie de recul. En 2016, l’Unicef a revu ses chiffres à la hausse : aujourd’hui, les mutilations sexuelles féminines touchent 200 millions de filles et de femmes dans le monde et sont pratiquées en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique du Sud et même au Daghestan en Russie.

Retrouvez dans le Paris Match n°812, du 30 mars au 5 avril 2017, les témoignages de jeunes filles françaises ayant subi des mutilations génitales.

(Avec Belga)

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