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Mode d’emploi des fameux « Dubaï Papers »

Les mal nommés « Dubaï Papers » conduisent au cœur d’un réseau international d'évasion fiscale présumée | © EPA/REHAN KHAN

Société

C’est un sacré boulot qui attend les enquêteurs belges chargés d’explorer les « Dubaï Papers ». Ce « leak » colossal de quelque 160 000 fichiers, révélé en France par l’Obs voici à peine plus d’un an, a débouché sur une énorme affaire de dissimulation de capitaux et de fonds détournés.

Après la justice française qui s’est très tôt saisie du dossier (une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » est en cours), la Belgique embraie à son tour. Le parquet fédéral a récemment ouvert une information judiciaire en vue d’obtenir les pièces aux mains des magistrats du parquet national financier (PNF) à Paris.

Les mal nommés « Dubaï Papers » conduisent au cœur d’un réseau international d’évasion fiscale présumée, mis en place en Suisse tout d’abord, puis déplacé à Ras Al-Kaimah, le plus méconnu des Émirats Arabes Unis, mais pas le moins attractif en matière d’offre de services offshore. Appelée Jawer
lorsqu’elle était installée sur les hauteurs du lac de Neuchâtel, la société de gestion de patrimoine, matrice de ce réseau, s’est rebaptisée Helin au moment de son installation en 2009 sur les rives du Golfe Persique.

La structure « Jawer/Helin », c’est l’un de ces points aveugles tels qu’ils en existent beaucoup sur la planète financière. Un petit royaume d’opacité sur lequel a longtemps régné un Belge : le prince Henri de Croÿ-Solre (« HdC »), 61 ans. Membre d’une illustre lignée princière et ducale – l’une des rares a pouvoir faire suivre sa particule du prédicat honorifique « SAS » -, il fait cependant davantage les gros titres de la chronique judiciaire que ceux de la mondaine. Singulièrement depuis qu’il apparaît comme l’orchestrateur (en compagnie notamment de son frère Emmanuel) du réseau Helin, grâce auquel des centaines de clients pensaient avoir mis leur fortune à l’abri du fisc. « HdC » avait tout prévu. Sauf les « Dubaï Papers ».

Outre une série de célébrités, les « Dubaï Papers » renferment les identités d’une ribambelle de clients fortunés dont 80 Belges, parmi lesquels des dirigeants d’entreprises, de riches héritiers, des oligarques d’origine russe ou encore des notables ayant tenté de se faufiler sous les radars de l’administration fiscale en vue d’échapper à l’impôt.

Le volet belge des Dubaï Papers : le dossier complet de mois d’enquête !

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