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Des ONG accusent la Turquie d’avoir forcé des Syriens à retourner dans leur pays en guerre

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Des soldats turcs patrouillant dans la ville syrienne de Tal Abyad, à la frontière entre la Syrie et la Turquie, le 23 octobre 2019. | © Bakr ALKASEM / AFP

Société

Amnesty International et Human Rights Watch accusent Ankara d’avoir contraint, « par la tromperie ou la force », des Syriens à signer un document attestant qu’ils souhaitaient rentrer « volontairement » en Syrie.

 

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé vendredi Ankara d’avoir renvoyé par la force des Syriens dans leur pays en guerre pendant les mois qui ont précédé le déclenchement de l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie. Dans des rapports publiés séparément, les deux ONG accusent la Turquie d’avoir contraint, « par la tromperie ou la force », des Syriens à signer un document attestant qu’ils souhaitaient rentrer « volontairement » en Syrie.

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Selon Amnesty, des policiers ont piégé des Syriens en leur affirmant qu’en signant ce document, rédigé en turc et qu’ils ne pouvaient donc lire, ils exprimaient leur volonté de rester en Turquie ou confirmaient qu’on leur avait bien fourni une couverture. Pour Anna Shea, une chercheuse d’Amnesty citée dans le rapport, « les retours ont été tout sauf sûrs et volontaires ». « Désormais, ce sont des millions de réfugiés syriens qui sont en danger », ajoute-t-elle, appelant à « mettre un terme aux retours forcés ». Amnesty indique avoir recensé « 20 cas confirmés » d’expulsion forcée, mais estime que le nombre est « vraisemblablement de plusieurs centaines ».

Human Rights Watch indique pour sa part avoir recueilli les témoignages de 14 Syriens affirmant avoir été expulsés entre janvier et septembre à Idleb, province du nord-ouest de la Syrie visée par des bombardements du régime et de son allié russe ces derniers mois.

Le président turc Erdogan insiste sur le caractère « volontaire » des retours en Syrie

Le 9 octobre, la Turquie a lancé une offensive dans le nord-est de la Syrie visant une milice kurde considérée comme « terroriste » par Ankara. Cette opération militaire est la troisième menée par Ankara au sud de sa frontière depuis 2016. Selon Ankara, l’objectif premier de ces incursions est d’établir une « zone de sécurité », qui doit à terme accueillir une partie des quelque 3,6 millions de réfugiés syriens que la Turquie abrite depuis le début du conflit, en 2011.

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La Turquie souhaite que deux millions d’entre eux s’installent dans la « zone de sécurité » qu’elle veut mettre en place le long de sa frontière. À plusieurs reprises, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est voulu rassurant sur le caractère « volontaire » des retours en Syrie. Interrogées par l’AFP, des sources diplomatiques turques ont rejeté les accusations d’expulsions. « Les allégations sur des ‘retours forcés’ ou des personnes ‘piégées’ ne sont pas vraies », ont indiqué ces sources. « Personne n’a été forcé de signer quelque document que ce soit, c’est hors de question », ont-elles insisté. La Turquie veut que les réfugiés retournent en Syrie « de manière volontaire, sûre et digne », ont ajouté ces sources.

Avec Belga

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