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Un homme se met dans la peau d’une femme le temps d’une journée pour dénoncer le harcèlement de rue

YOUTUBE / MOUVEMENT NI PUTES NI SOUMISES

Société

L’association Ni Putes Ni Soumises vient de diffuser une campagne choc intitulée #DansNotrePeau. La vidéo de trois minutes met en scène Antoine, un jeune parisien de 23 ans, qui va se transformer en femme le temps d’une journée afin de vivre le harcèlement de rue du point de vue masculin. Et l’expérience se révèle malheureusement un peu trop concluante…

 

Vous-êtes vous déjà demandé ce que ce serait d’entrer dans la peau d’une femme le temps d’une journée ? Antoine l’a fait… pour en expérimenter l’un des pires aspects.

« Une fille se fait regarder tout le temps »

Cette initiative est l’oeuvre du collectif Ni Putes Ni Soumises (NPNS), qui lutte contre les violences faites au femme. En tout, ce sont deux heures de coiffure et de maquillage qui seront nécessaires à Antoine pour paraître crédible en femme. Le jeune-homme, accompagné de plusieurs complices munis de micros et de caméras, va se promener dans différents endroits publics : un parc, un bar, une bouche de métro,…

Très tôt, il ressent le malaise d’évoluer avec le corps d’une femme au sein de l’espace public. Dans une interview diffusée simultanément aux images de rue, le jeune-homme raconte : « Une fille se fait regarder tout le temps. Avoir tous les regards sur soi, c’est très déstabilisant. »

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Les remarques fusent : « Vous m’agressez de votre beauté », « Do you speak French? » alors que les regards se font de plus en plus insistants. Impossible de ne pas ressentir la fragilité d’Antoine qui, comme un grand nombre de femmes, prendra le parti d’ignorer les remarques et de continuer son chemin. « Il faut que les mecs se rendent compte qu’ils peuvent créer du malaise, » alerte Antoine. La vidéo se clôture finalement sur la phrase suivante : « Mettez-vous à notre place et vous comprendrez ». 

Une expérience sociale qui en dit long sur la banalisation du harcèlement de rue

« Alors que le harcèlement de rue est encore d’une effrayante banalité pour certaines femmes en France, il est parfois difficile de faire comprendre à quel point il peut-être fatiguant et dégradant pour une femme de simplement se balader dans la rue » explique Stéphanie Rameau, présidente du mouvement depuis 2016, sur le site l’ADN.

Le but de cette campagne est avant tout de sensibiliser la gente masculine sur les comportements borderline trop souvent considérés comme banals. Cette campagne sera d’ailleurs diffusée à partir d’aujourd’hui sur les chaînes du groupe Canal+ et France Télévisions afin de sensibiliser le plus large public possible.

« C’est en illustrant l’insight « les hommes doivent se mettre à la place des femmes pour comprendre leur quotidien » que nous ferons en sorte qu’un large public réalise le manque de respect et les difficultés que subissent les femmes aujourd’hui » précise Valérie Albou, directrice RSE Publicis Conseil.

Pas la première expérience du genre

Deux expériences plus ou moins similaires avaient vu le jour à New York puis à Bruxelles. Les deux vidéos, sorties respectivement en 2014 et 2015, étaient rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux. À la grande différence, il s’agissait cette fois de femmes qui se mettaient elles-mêmes en scène durant leurs trajets quotidiens afin de dénoncer les harcèlements dont elles étaient victimes dans leur vie de tous les jours.

 

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