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Donald Trump confirme la mort du chef de l’État islamique après un raid américain en Syrie

EI

Abou Bakr al-Baghdadi. | © AFP

Société

Le président des États-Unis, Donald Trump, vient de confirmer la nouvelle : Abou Bakr al-Baghdadi a bien été tué. 

 

Le chef du groupe État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, a été visé par une opération militaire en Syrie et a été tué. Plusieurs médias américains avaient déjà affirmé cette nouvelle plus tôt dans la journée, avant qu’une annonce « très importante » de Donald Trump soit faite. Le président Donald Trump avait d’ailleurs publié sur Twitter : « Quelque chose d’énorme vient de se passer ! ».

Abou Bakr al-Baghdadi est mort après s’être fait exploser dans un tunnel lors d’une opération américaine dont il était la cible dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré dimanche après-midi le président américain Donald Trump. Le chef du groupe djihadiste s’était réfugié dans ce tunnel creusé pour sa protection avec trois de ses enfants. « Il a déclenché sa veste (d’explosifs), se tuant ainsi que les trois enfants », a dit Donald Trump. Il est mort « comme un chien, comme un lâche », a ajouté le président américain dans un discours télévisé. « Il n’est pas mort en héros, il pleurait », selon M. Trump. Les services de renseignement américains savaient depuis quelques semaines dans quelle zone se trouvait le responsable de l’EI. Selon le président américain, les résultats de l’analyse ADN confirment formellement l’identité du chef du groupe jihadiste responsable de multiples attentats sanglants à travers le monde. Le président américain a terminé son allocution en déclarant que « la Terre est endroit bien plus sûr » dorénavant.

Cette opération militaire américaine est la plus importante visant un haut responsable jihadiste depuis la mort, le 2 mai 2011, d’Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda tué par les forces spéciales américaines à Abbottabad au Pakistan. Ce développement intervient dans une période d’intense activité militaire dans le nord de la Syrie. Le régime syrien et son allié russe ont accéléré le déploiement de leurs troupes à la frontière syro-turque, tandis que les Américains annonçaient l’envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière plus à l’est sous contrôle kurde.

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Le chef de l’EI n’avait plus été vu depuis 3 ans

Abou Bakr al-Baghdadi n’avait plus donné signe de vie depuis un enregistrement audio diffusé en novembre 2016, après le début de l’offensive irakienne pour reprendre Mossoul dans lequel il exhortait ses hommes à lutter jusqu’au martyre.

C’est à Mossoul que le chef de l’EI a fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri. En turban et habit noirs, barbe grisonnante, il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son groupe sur les vastes territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.

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De son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri, le chef de l’EI serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad. Passionné de football, il a échoué à devenir avocat puis militaire avant d’étudier la théologie. C’est lors de l’invasion américaine de l’Irak en 2003 qu’il créé un groupuscule jihadiste sans grand rayonnement avant d’être arrêté et emprisonné dans la gigantesque prison de Bucca. Libéré faute de preuves, il rejoint un groupe de guérilla sunnite sous tutelle d’Al-Qaïda et en prend la tête quelques années plus tard. Profitant du chaos de la guerre civile, ses combattants s’installent en Syrie en 2013 avant une offensive fulgurante en Irak.

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