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Pour le bien-être de vos enfants, évitez de leur mentir (c’est la science qui le dit)

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"Allez, finis tes épinards pour devenir costaud comme Popeye". | © Unsplash / Danielle MacInnes

Société

Les enfants à qui l’on ment ont plus tendance à présenter des problèmes sociaux dans leur vie adulte, et mentir à leurs parents.

 

L’éducation des enfants n’est jamais simple, et il se peut parfois que les parents aient recours à des stratagèmes. Faire croire à son enfant que l’on partira sans lui pour qu’il vienne, ou le forcer à manger des épinards pour qu’il soit fort sont des ruses que l’on connaît bien, mais il semblerait qu’elles soient néfastes pour les enfants. Selon une nouvelle étude psychologique de l’Université de technologie de Nanyang (Singapour), ces petits mensonges ont un effet nocif lorsque l’enfant devient adulte, comme le révèle Science Daily.

Les chercheurs ont demandé à 379 jeunes si leurs parents leur avaient menti durant leur enfance, et comment ils se sentaient maintenant pour affronter les difficultés de la vie. L’étude montre que les personnes à qui l’on avait menti étant enfant mentaient plus à leurs parents à l’âge adulte, et avaient plus de difficultés à relever des défis psychologiques et sociaux. Parmi les difficultés, on peut notamment noter des problèmes de conduite, des sentiments de culpabilité et de honte, ainsi qu’un caractère égoïste et manipulateur.

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« Les parents qui mentent peuvent sembler gagner du temps, surtout lorsqu’il est difficile d’expliquer les véritables raisons pour lesquelles ils veulent que leurs enfants fassent quelque chose. Quand les parents disent aux enfants que « l’honnêteté est la meilleure politique », mais qu’ils font preuve de malhonnêteté en mentant, un tel comportement peut envoyer des messages contradictoires à leurs enfants. La malhonnêteté des parents peut éventuellement altérer la confiance et favoriser la malhonnêteté chez les enfants », explique le professeur Setoh Peipei, auteur principal de l’étude.

Une analyse à approfondir

Les 379 Singapouriens qui ont participé à l’étude ont dû remplir quatre questionnaires. Le premier concernait leur enfance, et si leurs parents leur disaient des mensonges en rapport avec la nourriture, l’argent, ou leur comportement, comme par exemple : « si tu ne viens pas avec moi maintenant, je te laisserai ici tout seul » ou encore « je n’ai pas apporté d’argent avec moi aujourd’hui, on peut revenir un autre jour ». Le second questionnaire demandait aux participants s’ils mentaient beaucoup à leurs parents en tant qu’adulte. Et enfin, les deux derniers questionnaires mesuraient l’inadaptation psychosociale et leur tendance à se comporter de façon égoïste et impulsive.

L’affirmation de l’autorité sur les enfants est une forme d’intrusion psychologique qui peut miner le sentiment d’autonomie des enfants et entraîner leur rejet

L’analyse a donc révélé que le fait de mentir pourrait exposer les enfants à un risque accru de développer des problèmes comme l’agressivité et l’infraction aux règles. Quelques limites existent tout de même, comme le fait qu’on se base uniquement sur la perception du jeune adulte sur les mensonges de ses parents. De plus, rien ne peut prouver le lien de cause à effet entre les mensonges et le caractère de l’enfant une fois adulte. Le professeur Setoh Peipei souhaite également étudier la nature du mensonge, émettant l’hypothèse qu’un mensonge disant « on n’a plus de bonbons dans la maison » aura moins de conséquences que « si tu ne te comportes pas bien, nous te jetterons dans l’océan pour nourrir les poissons ».

« L’affirmation de l’autorité sur les enfants est une forme d’intrusion psychologique qui peut miner le sentiment d’autonomie des enfants et entraîner leur rejet, ce qui finit par saper leur bien-être émotionnel. Les recherches futures devraient examiner la nature des mensonges et des objectifs des parents afin que les chercheurs puissent suggérer le genre de mensonges à éviter et le genre de mensonges dans lesquels les parents devraient s’engager pour dire la vérité », conclue le professeur Setoh Peipei.

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