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De Lesbos à Bruxelles, une course de 3 000 km pour soutenir les migrants

Un défi sportif mais surtout émotionnel, relevé par une quinzaine de coureurs. | © Twitter/HumansWelcome

Société

Les quinze coureurs du mouvement citoyen Humans Welcome sont arrivés sur la place du Luxembourg à Bruxelles, après avoir couru 3 000 kilomètres depuis Lesbos. Le but ? Sensibiliser l’Europe au sort des migrants.

Le 5 avril dernier, quinze coureurs ont entamé la course folle de près de 3 000 kilomètres, partant de l’île grecque de Lesbos. En empruntant la route des Balkans, leur action vise à sensibiliser la cause des migrants ainsi que dénoncer les politiques migratoires appliquées par les pays de l’Union européenne. Pari tenu, ils ont franchi ce dimanche la ligne d’arrivée installée, symboliquement, devant le Parlement européen.

Le mouvement Human’s Welcome est né en 2015 alors que le Premier ministre nationaliste hongrois a décidé de faire construire un mur pour repousser les migrants. « Viktor Orban érigeait des barbelés à ses frontières alors que l’Europe n’avait plus de frontières, donc j’ai trouvé cela inacceptable », explique Valter Iurlaro, l’ingénieur qui est à l’initiative du projet, à France Info.

300 km par jour

Les coureurs de Humans Welcome se sont relayés tous les 25 kilomètres avec le but de parcourir quotidiennement 300 kilomètres. Ils sont passés par les camps de réfugiés en Grèce, aux Balkans, en Autriche et en Allemagne.

Durant leur périple, ils ont fait circuler près de 5 000 cartons qui ont été remplis de mots de soutiens. Ces cartes lues à haute voix à leur arrivée. « Les gens ont écrit ce qu’ils ressentaient, leur sentiment par rapport au fait d’être bloqué, leur envie de plus d’humanité », détaille Bénédicte Moyersoen, professeur d’alphabétisation et membre de Humans Welcome. Le collectif compte partager des photos de la course et prépare un film sur son aventure.

Le groupe a également déposé samedi après-midi une vingtaine de gilets de sauvetage devant l’hôtel de ville de Wavre, la ville du Premier ministre Charles Michel. « Ce n’était pas qu’un défi sportif, qui a demandé beaucoup de préparation, mais aussi et surtout une action de protestation », a expliqué l’un des participants à son arrivée à Bruxelles.

Ne pas se laisser mener par la peur

« Ce n’était pas qu’un défi sportif, qui a demandé beaucoup de préparation, mais aussi et surtout une action de protestation », a expliqué l’un des participants à son arrivée à Bruxelles. « L’Europe, ses habitants et ses politiciens ne doivent pas se laisser mener par leur peur et construire des murs. Il ne s’agit pas que de ces milliers de personnes qui cherchent refuge ici pour avoir une vie meilleure, c’est une lutte pour des conditions de vie dignes, pour les libertés, les valeurs et les droits que nous jugeons importants ».

(Avec Belga)

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