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L’échec des politiques en matière de lutte contre le sans-abrisme à Bruxelles

sans abri

La simple mise à l'abri ne suffit pas, la vision bruxelloise est à trop court terme. | © Unsplash/EV

Société

Une nouvelle étude analyse la situation à Bruxelles ces dix dernières années. Et le constat est sans appel : les pouvoirs publics peinent à apporter une solution plus structurelle.

Le nombre de personnes sans-abri et mal logées en Région de Bruxelles-Capitale a plus que doublé en dix ans, ressort-il d’une étude publiée lundi dans la revue scientifique Brussels Studies. Menée par Benoît Quittelier et Nicolas Horvat, du Centre d’appui au secteur de l’aide aux sans-abris (Bruss’Help), l’enquête se base sur des recensements effectués tous les deux ans depuis 2008. Le dernier recensement a été réalisé dans la nuit du 5 novembre 2018. Il a été effectué par des professionnels du secteur et des bénévoles, soutenus par des partenaires tels que les hôpitaux, les transports publics, les CPAS…

À l’automne 2018, 4 187 personnes ont été dénombrées comme sans-abri (qui passent la nuit dans l’espace public ou dans un centre d’hébergement d’urgence), sans logement (résidant dans un foyer, un centre d’accueil…) ou vivant dans un logement inadéquat. La majorité (51,4%) était sans-abri, 22,2% sans logement et 24,8% en logement inadéquat. Dans le détail, 759 personnes, dont 20 mineurs, ont passé la nuit dans l’espace public (18,1%), un nombre qui a presque triplé depuis 2008 (+182,1%). Les hébergements d’urgence et de crise (Samusocial et Plateforme citoyenne) ont pris en charge 707 personnes. Une hausse significative de 293,7% est constatée depuis 2008, ce qui s’explique par l’augmentation des capacités d’accueil.

Par ailleurs, 930 personnes ont été hébergées dans un service reconnu (logement de transit du CPAS ou maison d’accueil), un chiffre qui reste stable à l’image de l’offre. Le logement inadéquat concernait 1 044 personnes. Il s’agissait de structures d’hébergement non agréées, de communautés religieuses, d’occupations négociées ou de squats.

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L’étude constate que le nombre de personnes sans-abri et mal logées a plus que doublé en une décennie et que les situations de vie les plus précaires augmentent. Ainsi, en 2018, plus d’un individu sur deux relevait de la catégorie des sans-abri, soit une augmentation de 327,6% en 10 ans.

Vision à (trop) court terme

L’enquête critique la politique menée par les autorités, privilégiant la simple mise à l’abri « au détriment d’une approche plus structurelle basée entre autres sur le renforcement des dispositifs d’accompagnement et de suivi ». « Cette vue à court terme transparaît également à travers ce que les professionnels du secteur ont pris coutume d’appeler la gestion au thermomètre : à l’augmentation momentanée des capacités d’hébergement durant la période hivernale succède l’insuffisance des moyens avec lesquels les services doivent composer pour assurer l’accueil le restant de l’année. » Pour les auteurs, les pouvoirs publics bruxellois doivent s’attaquer en particulier à la précarisation croissante des classes populaires, au contexte défavorable de l’accès au logement et au traitement politique des flux migratoires.

Les auteurs soulignent toutefois une « perspective encourageante », avec une augmentation de l’habitat accompagné traditionnel et un doublement des programmes Housing First (logement d’abord) ces deux dernières années. « Au total, 1 514 personnes sont sorties du sans-abrisme ou l’ont évité grâce à ces deux formules », se réjouissent-ils. Ces services ne peuvent toutefois fonctionner qu’avec un parc limité, nécessitant des appartements décents à loyer modéré.

Avec Belga

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